DaddyBear : L’application de rencontre qui bannit les séropos !

La nouvelle application de rencontres DaddyBear entend connecter les « wealthy gay daddies » (papas gays riches) et des « healthy gay bears » (bears gays en bonne santé). Les concepteurs sont également...

La nouvelle application de rencontres DaddyBear entend connecter les « wealthy gay daddies » (papas gays riches) et des « healthy gay bears » (bears gays en bonne santé). Les concepteurs sont également allés plus loin, soulignant de manière explicite leur volonté de barrer l’accès aux hommes séropositifs voulant utiliser cette application. Honte à eux.

 

Voilà une application au parfum nauséabond. Un parfum de scandale, un parfum de discrimination. Alors même que les soins prodigués aux personnes vivant avec le VIH permettent d’obtenir une charge virale indétectable, les préjugés et la sérophobie ordinaire frappent encore.

 

 

Alors même qu’il est déjà difficile d’assumer son état sérologique au quotidien, voila que même les apps de rencontres gays creusent un fossé symbolique entre séroneg et séropos. Il est aberrant, en 2017, de constater que de tels usages puissent avoir lieu.

Certes, vivre avec le VIH n’est pas une promenade de santé. Mais la médication quotidienne, les potentiels (voire fréquents) effets secondaires et les jugements à l’emporte-pièce des pairs ne rappellent-ils pas déjà suffisamment aux personnes séropositives leur état ?

 

 

 

 

Instituer cette discrimination comme l’a fait l’application est tout bonnement détestable. Au-delà de l’usage de l’argent comme appât, le fait de préciser que les daddies ont vécu l’époque noire de l’épidémie et « know how to protect themselves and you » (savent se protéger eux-mêmes comme vous) montre un clair jugement moral. Le séropositif serait ainsi l’archétype du gros partouzeur bareback.

 

Les séropositifs : « Des souvenirs indésirables »

Le porte-parole de l’application a ainsi confié au magazine numérique INTO (du groupe Grindr) “No one would like to date people living with HIV unless he is living with it. Most gay sugar daddies are not living with HIV, so they don’t want to bring home any unwanted souvenirs. » Traduction : personne n’aimerait avoir un rencard avec une personne séropositive à moins de vivre avec également. La plupart des Sugar Daddies gays ne vivent pas avec le VIH, et ne veulent donc pas ramener chez eux des souvenirs indésirables ». Souvenir est à comprendre au sens objet matériel, soit le VIH.

 

Mais la discrimination va plus avant : “However, we support that gay men living with HIV have the right to date with other gays with HIV. But many rich and successful gay sugar daddies do not want to date with gay men living with HIV, which is the reason why we launched this app to meet their needs.” Traduction : « Cependant, nous soutenons le fait que des hommes gays vivant avec le VIH aient le droit de rencarder d’autres gays séropositifs. Mais beaucoup de sugar daddies gays, riches et auréolés de succès ne veulent pas avoir de rendez-vous avec des hommes séropositifs, ce qui est la raison pour laquelle nous avons lancé cette application afin de répondre à leurs besoins. »

 

Autrement dit, il semblerait que cette part odieuse de la communauté LGBT+ souligne la nécessité actuelle et urgente de lutter non seulement contre le VIH mais également contre les maladies opportunistes qu’il développe, à commencer par la sérophobie.

 

 

 

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