PMA : Les statistiques avancent, les politiques moins !

Marlène Schiappa prône la justice sociale pour défendre l’ouverture de la PMA à toutes les femmes. Adepte des sujets liés à la maternité, elle a lancé en 2008 le...
Marlène Schiappa prône la justice sociale pour défendre l’ouverture de la PMA à toutes les femmes. Adepte des sujets liés à la maternité, elle a lancé en 2008 le blog « Maman travaille»©BFM TV/RMC

Le 22 septembre dernier, l’Ifop publiait les résultats d’un sondage*, après les déclarations de la secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes sur le plateau de l’émission Bourdin Direct sur BFM TV. 64% des personnes interrogées seraient favorables à une universalisation de la Procréation Médicale Assistée (PMA) à toutes les femmes.

*Enquête Ifop/my-pharma.info

Grande promesse d’Emmanuel Macron pendant la campagne électorale, les conditions d’ouverture à la PMA pour toutes les femmes, seront étudiées dans le cadre de la révision de la loi bioéthique en 2018. Marlène Schiappa a abordé le sujet dans différents médias depuis le début du mois de septembre. Pas question d’évoquer la GPA (gestation pour autrui) sous le quinquennat du nouveau Président, cependant, pour la secrétaire d’État, il est primordial d’honorer cet engagement de campagne à propos de la PMA, qui introduit notamment la question de « justice sociale » entre les femmes qui ont les moyens et qui partent à l’étranger pour tomber enceintes et celles qui renoncent à leur rêve de devenir mère, ou recourent à des moyens dangereux pour donner la vie.

Les principaux détracteurs soulignent un problème moral, lié notamment à l’absence
 d’un père, de la vie de ces enfants qui naîtraient par PMA



L’ouverture de la PMA aux couples de femmes, pourrait rapidement relancer le débat autour de la GPA, l’un des seuls moyens de devenir pères pour les couples d’hommes.

Le sujet, épineux est un projet que veulent voir avorté les membres du mouvement « La Manif Pour Tous », mais aussi certains politiques, essentiellement de la famille des Républicains. Les principaux détracteurs soulignent un problème moral, lié notamment à l’absence d’un père, de la vie de ces enfants qui naîtraient par PMA. L’idée même que la GPA puisse découler de la mise en place de la PMA en France, est inacceptable pour les Français conservateurs.

Ramener le sujet de la PMA sur la scène politique et médiatique française, met aujourd’hui le gouvernement dans l’embarras, compte tenu des diverses origines politiques de ses membres.

[…] 64% des interrogés sont pour l’ouverture de la PMA aux femmes lesbiennes
 en couple, alors qu’ils n’étaient que 47 % […] sous François Hollande 

Une enquête de l’Ifop, menée entre les 12 et 21 septembre et publiée le lendemain, sur un panel de 1 009 personnes, révéle que 64 % des interrogés sont pour l’ouverture de la PMA aux femmes lesbiennes en couple. ils n’étaient que 47 % en 2013 sous François Hollande, au plus fort de la bataille qui opposait les partisans du mariage pour tous et ses détracteurs. 69 % de ceux qui sont pour que la loi passe, sont des sympathisants de La République en Marche et 71 % ont voté pour Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle. Même si la majorité des citoyens et des membres du gouvernement sont d’accord avec une ouverture de la PMA à toutes les femmes, les opposants n’ont pas tardé à se faire entendre après l’intervention de Marlène Schiappa.

« Je proposerai que l’on puisse résoudre le problème du chômage avant
 de s’attaquer aux problèmes civilisationnels»



Les actifs de «la manif pour tous» prônent un modèle de famille «classique», néanmoins l’impact de leurs actions sur les pouvoirs publics, tend à s’amoindrir.

L’information essentielle que véhicule cette enquête, est l’approbation croissante des Français à l’ouverture de la PMA pour les couples de femmes ou célibataires. Alors pourquoi de ce contexte propice à l’avancée sociale, Agnès Buzyn, ministre de la santé et Gérard Collomb, ministre de l’intérieur, restent frileux à l’égard de ce projet de loi. Le 17 septembre, Gérard Collomb déclarait d’ailleurs sur LCI : « Je proposerai que l’on puisse résoudre le problème du chômage avant de s’attaquer aux problèmes civilisationnels. Pour le moment, je n’ai pas vu ce projet porté dans le calendrier et pour moi, la priorité est aujourd’hui toujours économique et sociale».

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