L’HOMOSEXUALITÉ SOUS LE NAZISME ENFIN PORTÉE AU THÉÂTRE !

« Libres ! Ou presque… » qui se produira au Palais des Glaces du 17 Janvier au 6 Mai 2018 raconte l’histoire étonnante et captivante de Moïshe et André, respectivement juif et homosexuel, tous les...

« Libres ! Ou presque… » qui se produira au Palais des Glaces du 17 Janvier au 6 Mai 2018 raconte lhistoire étonnante et captivante de Moïshe et André, respectivement juif et homosexuel, tous les deux échappés de la Gestapo et cherchant à gagner la Zone Libre pour échapper à lOccupant Allemand qui les recherche. Nous avons pu nous entretenir avec Jean Franco et Guillaume Mélanie, interprètes de Moïshe et André ainsi quavec Raymond Acquaviva, metteur en scène de cette pièce hilarante.  

Propos recueillis par Victorien BIET. 

La déportation des Triangles Roses est un sujet sous-traité. Quest-ce qui vous a motivé à porter ce sujet dans votre spectacle.  

J-F : On voulait écrire sur cette période. C’est surtout ça. On cherchait aussi à se mettre dans un duo antagoniste, qui est la base de toute comédie. On s’était dit que l’homosexualité et justement la déportation des homosexuels ainsi que les persécutions dont ils ont été victimes durant la guerre n’avaient pas été beaucoup traitées et on trouvait ça intéressant de mettre un juif et un homo, ce que nous sommes véritablement, dans le même bateau.  

G-M : La guerre, c’est un prétexte et un décor car c’est avant tout une histoire d’amitié. On avait envie de raconter qu’il ne fallait pas oublier tout ce qui s’est passé. Quand on voit tout ce qu’il se passe dans le monde, en Tchétchénie par exemple… Mais pas seulement ça… Quand on voit les actes antisémites qui se produisent encore aujourd’hui… Il faut se rappeler de cette époque. Notre but c’est de remettre ça dans l’inconscient collectif afin de dire aux gens « ça n’est pas fini, ça peut encore se produire aujourd’hui »… 

« C’est une pièce qui a un sens profond. Sur l’amitié… et sur les antagonismes de l’amitié. » 

Monter ce genre de spectacle cest aussi un travail de mémoire. En quoi cette pièce est-elle intéressante pour la mémoire de la Shoah et des Triangles Roses ? 

R-A : Cette pièce est intéressante car, tout d’abord, c’est une pièce comique et ses deux auteurs sont des gens qui écrivent des choses qui font vraiment beaucoup rire. Pourquoi ai-je accepté de mettre en scène cette pièce, au delà du fait que je les connaisse depuis très longtemps ? Car c’est une pièce qui a un sens profond. Sur l’amitié… et sur les antagonismes de l’amitié. La manière dont ils ont traité ce sujet est très émouvante. Ça m’intéresse de voir le cheminement de « comment la tolérance va surgir de cette amitié là ». Dans la période actuelle où tout le monde est de plus en plus intolérant, c’est interessant de montrer que l’amitié humaine est la base de toute chose. Ce sont deux êtres que tout peut séparer et qui vont se retrouver unis fraternellement dans une amitié qui va devenir indéfectible et c’est ce qui est brillant dans cette pièce. 

« On a eut tous ces évènements là (…)  et aujourd’hui, ça recommence ». 

Daprès-vous, pourquoi est-ce important daborder ce sujet de la persécution des LGBT  sous loccupation encore aujourdhui ?  

G-M : Parce-qu’elle a été peu traitée, finalement.  

[Saut de retour à la ligne]R-A : Et puis parce-qu’elle continue, surtout ! Ce qui est extraordinaire, c’est qu’on a eut tous ces évènements là et ces incarcérations des juifs et des homosexuels où on ne faisait plus de différence entre eux : tous dans le même wagon, tous dans le même four, et qu’aujourd’hui, ça recommence. Nous n’aurons jamais fini de dire l’indicible et c’est insupportable. Au bout d’un moment, le monde et les moeurs évoluent, les lois évoluent, sauf que c’est long et lent… Faire en sorte que les cultures évoluent, c’est très compliqué et ça prendra beaucoup de temps parce-qu’elles sont enracinées comme de la pierre dans l’âme de certains hommes qui habitent ces pays là et pour changer ça, c’est très long et ça ne se fait pas en un claquement de doigt et maintenant, que fait le monde ? Bah rien… Il fait rien… Il regarde. Alors je pense que c’est essentiel que, à notre niveau, on continue d’aborder ce sujet essentiel.  

« Le secret c’est de mettre des personnages ordinaires dans des situations extraordinaires. » 

Le but premier de cette pièce étant de faire rire, est-ce que cela a été dur d’écrire une pièce humoristique sur ce sujet sans faire de vagues ?  

J-F : Comme disait Guillaume, la guerre n’est qu’une toile de fond prétexte à la comédie. Bien évidemment, on ne fait pas de vannes sur la déportation. La question ne se pose même pas. Le secret c’est de mettre des personnages ordinaires dans des situations extraordinaires. La guerre, pour le coup, c’est là où se révèlent les caractères humains. Ils sont acculés. Il y a des allemands partout et ils sont dans une situation d’urgence. Ce sont avant tout des ennuis mais c’est aussi une source de comédie.  

Plus dinfos :  

  • Réservations : palaisdesglaces.com  

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