Séropos, pour vous QUATUOR démarre ! Un essai de l’ANRS sur l’allègement des traitements du VIH

Est-il possible pour un séropo de diminuer sa prise de médicaments à 4 jours par semaine au lieu de 7 jours ? Qui peut participer à cet essai ? Où ? Comment ?  Par Hervé Latapie ...

Est-il possible pour un séropo de diminuer sa prise de médicaments à 4 jours par semaine au lieu de 7 jours ? Qui peut participer à cet essai ? Où ? Comment ? 

Par Hervé Latapie 

C’est pratiquement partout en France, dans une soixantaine de centres hospitaliers, que quelques 640 personnes séropositives vont entamer un essai thérapeutique qui peut révolutionner les traitements du sida. QUATUOR, tel est le nom de code de cette étude dirigée par le docteur Pierre de Truchis de l’hôpital Raymond Poincaré de Garches. 

Le virus permet les pauses ! 

L’idée osée de cette intermittence de la prise de médicaments a été développée depuis 15 ans par le médecin intuitif et innovateur Jacques Leibowitch, sous le nom d’ICCARRE : intermittents en cycles courts les antirétroviraux restent efficaces (voir le site Iccarre.net pour connaître toute l’histoire de cette recherche). 

Il explique que le virus a un fonctionnement qui permet des courtes pauses du traitement. La trithérapie, composée de plusieurs molécules opère dans un premier temps comme une sorte de bombe hyper efficace, qui met à terre le virus : la charge virale est alors « indétectable ». Au bout d’un certain temps, après plusieurs mois à ce niveau très bas du virus, il est possible de passer à une seconde phase du traitement, dite d’entretien : le virus prendrait au moins 7 jours pour revenir et être à nouveau actif, donc on peut laisser l’organisme respirer et arrêter le traitement au minimum 3 jours. 

Une innovation dure à avaler 

Incroyable ! Imaginez l’intérêt, pour tout le monde ! Moins de chimie dans le corps, pour une efficacité identique (votre charge virale reste indétectable), au passage une économie pour la sécurité sociale. Alors pourquoi parle-t-on si peu de cet allègement par intermittence ? Parce qu’en médecine on fait gaffe, ce qui est bien normal, il faut tester et vérifier que cela marche bien. Parce qu’on a des habitudes, et que toutes les grandes innovations bousculent et dérangent. Il faut du temps pour les faire accepter. Mais aussi parce que cette innovation-là ne débouchera sur aucun nouveau marché pour l’industrie pharmaceutique, qui aujourd’hui finance largement la recherche scientifique. 

Qui peut entrer dans Quatuor ? 

Si vous êtes traités par une trithérapie (classique ou plus récente peu importe), en charge virale indétectable depuis au moins un an, vous pouvez entrer dans l’essai (il existe d’autres conditions qui seront vérifiées, liées à vos antécédents de traitement, ou autres maladies comme hépatite B ou C…). La principale contrainte, qui est aussi une garantie pour vous, est que vous devrez subir des examens de contrôle tous les 3 mois. 

La moitié des volontaires continueront leur traitement 7 jours sur 7, l’autre moitié débutera immédiatement le 4 jours sur 7. Au bout d’un an (48 semaines) on comparera leur suivi médical, et si tout va bien, tout le monde passera au 4 jours sur 7. Résultats finaux de l’essai prévu à partir de 2019-2020. Alors il sera possible de changer les prescriptions pour tout le monde et de sortir de ce qui aura été, pendant des années, une surmédication ! 

INFOS Quatuor 

Tous les renseignements sur l’essai sur le site de l’ANRS : http://www.anrs.fr/sites/default/files/2017-10/ANRS_170_quatuor.pdf

Centres hospitaliers QUATUOR 
La liste serait trop longue à publier ici, le mieux est de vous renseigner dans le service d’infectiologie hospitalier où vous êtes suivis, et d’en parler avec votre médecin préféré ! 

Association Les amis d’ICCARRE 
Créée à l’initiative de Richard Cross autour du Docteur Leibowitch, elle milite pour accélérer la recherche. Voir le site ICCARRE.net 

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