Existrans : les T et I sont dans la rue

« Face aux oppressions d'État sociales, raciales et médicales : intersexes, trans, contre vos violences ! »

Le slogan de cette édition 2017 de la marche Existrans est fort à propos. Voilà 21 ans que le collectif abonde les rues parisiennes à l’occasion d’une journée par an dédiée au transgénérisme et aux intersexes, n’y saluant les incréments d’une avancée sociale qu’à la faveur de nouvelles critiques et revendications. La marche, créée en 1997 par un collectif inter-associatif plus tard nommé Existrans, se renouvellera demain, samedi 21 octobre. 

Hommes, femmes, cis, trans et inter qui soutiennent les valeurs de la manifestation sont conviés. « Convié.e.s », dirons-nous pour satisfaire aux revendications grammaticales de cette minorité parmi les minorités.

Les trans et intersexes sont, il faut le dire, les grands oubliés de la conquête des mœurs initiée par les gays et les lesbiennes. Si cela fait 21 ans qu’ils battent le pavé à des fins politiques d’ouverture, les trans et intersexes ne sont “fêtés” ce même jour dans différents pays à travers l’Europe que depuis 10 ans, de Madrid à Lisbonne via Bilbao sans oublier Bruxelles. L’édition mémorable de 2007 nous a laissé cela d’héritage qu’elle en aura pérennisé la tradition internationale. 

Existrans, qui se définit comme un collectif inter-associatif, qui rassemblait à l’origine l’Association du Syndrome de Benjamin, le Groupe Activiste Trans, Act-Up, Sans contrefaçon, Mutatis Mutantis, Trans Act et l’Organisation Internationale des Intersexué-e-s, entend marteler les points fondamentaux de sa lutte au cours de l’évènement. En espérant qu’ils subsistent dans les esprits et se concrétisent à l’Assemblée.

La contestation touche une couche sociale majoritairement marginalisée et avide de reconnaissance.

Au nombre de 22, ces revendications s’étendent de l’accès pour les personnes trans et intersexes, enfants et adultes, à la préservation de leur fertilité dans les Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (CECOS) à la suppression de la caractérisation de l’intersexuation comme « troubles du développement sexuel » dans la classification internationale des maladies. Et 20 autres de grande importance qui restent en butte aux relents passéistes de nos politiques. Lesquels, à beaucoup d’égards, restent dans l’incompréhension, le désarroi, voire le désintérêt le plus total considérant la juridiction destinée aux trans et intersexes. Les gender studies qui, récemment, ont bénéficié d’un fort regain d’intérêt de la part des cercles académiques, ne sont les armes d’une avancée que si elles sont savamment maniées. Leur promotion est l’un des points forts de la liste d’impératifs formulée par le collectif.

Cette Trans Pride ne saurait être tout à fait comprise sans qu’elle ne préfigure le Transgender Day of Remembrance, qui se tiendra à sa suite et internationalement le 20 novembre prochain, célébrant le souvenir des personnes trans assassinées du fait de la haine ou de la peur qu’elles inspirent à la pléthore de débiles que compte le monde moderne. Celle-ci veut attirer l’attention sur les violences endurées par la communauté trans.

Hande Kader est une militante transgenre turque brutalement assassinée, son corps étant retrouvé entièrement brûlé le 8 août 2016.

Parce qu’il n’y a pas de marche sans raison. Parce que cette marche est circonstanciée par la transphobie. Parce que, toujours, l’Etat parle une autre langue que celle de l’égalité. Parce, qu’enfin, “trans” et “problèmes” riment trop souvent ensemble, cette marche est légitime et nécessaire.

Venez donc nombreux et partagez.

 

 

 

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