La Cage aux folles, 40 ans de mariage gay

Cela fait quatre décennies que Zaza Napoli casse sa biscotte au cinéma, en vidéo. Un livre raconte la folle histoire de cette pièce qui, dès 1973 fait grincer des...

Cela fait quatre décennies que Zaza Napoli casse sa biscotte au cinéma, en vidéo. Un livre raconte la folle histoire de cette pièce qui, dès 1973 fait grincer des dents mais aussi apporter plus de visibilité aux homosexuels. 

 

Au départ, « La cage aux folles » est une farce, un pied de nez. Jean Poiret et Michel Serrault, deux jeunes comédiens décident en 1958 de se moquer gentiment de commerçants gays qui habitent à deux pas de chez eux. Le sketch Les antiquaires met en scène ces hommes qui ne partagent pas leur vie uniquement pendant les horaires d’ouverture de la boutique ! Ce couple pour rire épaulé par inspire Jean Poiret quinze ans plus tard. Il crée le personnage de Zaza Napoli et Georges (qui deviendra Rénato dans la version cinématographique). 

 

A travers cet essai rempli d’anecdotes, La cage aux folles, un mariage gay théâtral revient sur la formidable épopée de cette pièce, parmi les premières à oser mettre sur le devant de la scène le thème de l’homosexualité et de l’homoparentalité. Quel culot en effet, dès 1973, de raconter comment ce couple gay, dirigeant un cabaret de transformistes sur la Côte, va réussir à marier le fils de 20 ans avec la fille d’un député (immortalisé par le très rigide Michel Galabru). 

Crédit photo : Laurent Guyonnet

 

Michel Serrault se souvient des années plus tard que certains amis les « battaient froid » quand ils répétaient leur pièce « clandestinement ». Pourtant le public comprend vite le ressort comique, à travers la scène de la biscotte ou en subissant les cris aigus de Zaza à la moindre contrariété. Le livre souligne combien La cage aux folles est un succès dès le début. Elle est jouée plus de 2600 fois. Les spectateurs arrivent par autocars entiers des régions. Puis en 1979, le premier opus de la version cinéma permet à Serrault de décrocher le César du meilleur acteur … une première pour un rôle comique. 

 

Plus belle la vie des gays ? 

 

Mais au delà du récit, le succès de la comédie musicale aux Etats unis, le souhait de bien des réalisateurs français d’adapter le texte de Poiret, cet essai montre combien les deux comédiens ont aidé à populariser l’image des gays et lesbiennes. Si Coluche et Le Luron se « marient » encore pour rire en 1985 (doutant de la sincérité de l’union de la star de la télé Yves Mourousi) des films et des pièces abordent par le rire le thème de l’homosexualité. Au début des années 80, Christian Clavier porte la perruque de Katia dans Le Père noël est une ordure. En 1995, Josiane Balasko réalise Gazon Maudit et nous embarque dans son « joli minibus » avec son « cigare de déménageur » pour une évocation de l’homosexualité féminine … et depuis les années 2000, les téléspectateurs de France 3 prennent l’apéro tous les soirs au Mistral, servi par un barman gay dans Plus belle la vie

Crédit photo : Laurent Guyonnet

 

Au printemps 2013, la chaîne parlementaire LCP propose une soirée bilan sur l’adoption de la loi Taubira. Si le débat est prévu avec des députés et des spécialistes, un film le précède. Et c’est « La cage aux folles 3, elles se marient » qui égaie la soirée. On nous aurait menti ? Le mariage gay date de 1985 et c’est Zaza et Rénato qui sont allés les premiers devant Monsieur le maire !  

 



 

« La cage aux folles, un mariage gay théâtral » par Stéphane Milhomme, éditions Textes gais, disponible en Ebook sur les plateformes numériques (Amazon, Fnac, Kobo…) ou à la librairie parisienne Les mots à la bouche. 

Tristan Barreiros Gueunier

Sa passion secrète : il écoute Les Grosses Têtes de Laurent Ruquier tous soirs en podcast, il ne peut pas dormir sinon... Sa manie : il ne peut pas s'empêcher de répondre et enchainer une chanson à chaque fois qu'on lui parle...

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