Shams Tunisie continue le combat

"Les gays qui s'affichent sur les réseaux sociaux sont souvent victimes d'agression, même par la police"

Malgré le bouleversement provoqué par la « révolution du Jasmin » en 2011, certaines avancées sont plus lentes que d’autres et l’homosexualité n’est toujours pas légale dans ce pays. C’est dans un contexte menaçant, de traditions pesantes, que l’association a été créée en 2015 avec l’objectif de défendre le public LGBT, soumis jusque-là à la loi du silence. Pour nous, Mounir Baatour, président de Shams Tunisie, évoque la situation difficile de cette communauté et les combats menés.

Propos recueillis par Grégory Ardois-Remaud

 

En Tunisie, la loi punit l’homosexualité. Qu’encourt-on en tant que LGBT dans ce pays ?

L’article 230 du Code pénal tunisien punit la sodomie et le lesbianisme de trois ans d’emprisonnement. Quant à la transsexualité, elle est punie par l’article 226 du Code pénal de six mois de prison. En fait l’article punit l’outrage public et intentionnel à la pudeur.

Shams se bat notamment pour que le fameux article 230 soit supprimé. Avancez-vous sur ce sujet ?

Malheureusement non, mais une lueur d’espoir existe suite au recours mené par l’avocat de Shams devant la Cour Constitutionnelle pour déclarer cet article inconstitutionnel en se basant sur les articles 21, 23 et 24 de la Constitution tunisienne de 2014. Ces derniers ont insaturé les principes de la non-discrimination, du respect de la vie privée et de l’intégrité corporelle du citoyen. Nous nous basons aussi sur les conventions internationales ratifiées par la Tunisie comme la Déclaration Universelle des droits de l’Homme, le Pacte international des droits civiques et politiques et le Pacte africain des droits des Peuples.

[…]

Article à retrouver en intégralité dans Garçon Magazine numéro 12, disponible chez votre marchand de journaux.

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