« Chéri, on prend un chien ? »L’adoption… et après ?

Prendre un chien est une lourde décision qui doit être le fruit d’une longue réflexion. Être en couple ne facilite d’ailleurs pas les choses. S’accorder sur le choix de l’animal n’est...

Prendre un chien est une lourde décision qui doit être le fruit dune longue réflexion. Être en couple ne facilite dailleurs pas les choses. Saccorder sur le choix de lanimal nest pas tout. Contraintes juridiques liées au statut de lanimal, contraintes financières, risques de frictions dans le couple. On fait le point.  

Par Victorien BIET. 

Lorsque l’on décide d’adopter un animal pour la première fois, il existe de nombreuses questions que l’on ne songe pas à se poser tant elles semblent lointaines et déconnectées de nos réalités. Quel est le statut juridique de mon animal ? Quelles sont les contraintes administratives ? Qu’adviendra t-il de notre animal en cas de rupture ? Toutes ces questions, il est nécessaire de se les poser avant d’adopter votre chien.  

QUEL STATUT POUR MÉDOR ?  

Tout d’abord, il faut savoir que tout animal est reconnu comme « être sensible » (c’est à dire doué de sentiments et capable de ressentir de la souffrance) depuis le 28 Janvier 2015, date à laquelle l’Assemblée Nationale a adopté un projet de loi reconnaissant que « les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité ». Cela signifie que l’animal n’est plus considéré comme un « bien-meuble » et qu’il n’est plus défini par sa valeur marchande.  

Concrètement, qu’est-ce que cela implique ? Si ce nouveau statut permet aujourd’hui de bien mieux protéger les animaux, il ne facilite pas la vie aux adoptants qui devront respecter bon nombre de règles. Ces règles, bien que connues de la majorité, sont ignorées par 37% de la population si l’on en croit notre sondage réalisé le 24 Janvier 2018 puisque ceux-ci n’ont absolument aucune idée d’à qui reviendra la charge de l’animal de compagnie en cas de séparation.  

ET EN CAS DE SÉPARATION ?  

[Saut de retour à la ligne]Il existe plusieurs cas de figure. Si le couple est marié sous le régime légal de la communauté et que l’animal a été adopté pendant la mariage, alors celui-ci sera considéré comme un bien commun et deux solutions s’imposeront : la conclusion d’un commun-accord ou le passage devant un juge qui seul pourra trancher. Seront alors pris en considération les soins et l’attention portés par chacun à l’animal ainsi que le cadre de vie futur des époux.  

En revanche, si le couple est marié sous le régime de la séparation des bien et que l’animal a été adopté par un seul époux, alors la question ne se pose pas et l’animal reviendra bien-entendu à celui qui l’aura adopté. En l’absence de preuves, il faudra passer devant un juge. Il en ira de même si l’animal a été adopté pendant le mariage par les deux époux. 

43% DE « PARENTS » DANIMAUX ! 

Mais au delà de l’aspect juridique, il faut aussi savoir regarder au sein du couple pour comprendre la place que peut y tenir l’animal. Ainsi, pour 43% des sondés, l’animal de compagnie remplace l’enfant qu’ils n’ont jamais eut. Pour Kevin, en revanche, « Kirzan (chien) a sa place légitime et il n’est en aucun cas le substitut de quoi que ce soit ». Pierre Jegou, auteur de la thèse « Les Personnes âgées et leurs animaux de compagnie » va dans ce sens : « Les propriétaires savent pertinemment que leur animal de compagnie n’est qu’un animal. Ils ne peuvent s’empêcher de ressentir pour lui des sentiments comme s’il était une personne, un enfant souvent, mais jamais ils ne confondent réellement les rôles. »  

Cette analyse est notamment confirmée par Catherine Roblin de l’Association Française d’Information et de Recherche sur l’Animal de Compagnie (AFIRAC) : « Il ne peut en effet y avoir surinvestissement affectif sur l’animal mais, en douze ans d’études, nous n’avons jamais pu mesurer ce phénomène tant il est marginal. L’animal comme substitut d’un enfant correspond à des situations exceptionnelles liées à des histoires très personnelles. Comme, par exemple, chez un couple stérile ou homosexuel. » 

LADOPTION, UN BON MOYEN DE DYNAMISER SON COUPLE ! 

Ce qui nous conduit à cette nouvelle donnée de notre sondage : 86% des sondés pensent que leur animal de compagnie a tendance à les rapprocher de leur partenaire. Si l’on en croit le témoignage de Stephane, l’un des nombreux lecteurs à avoir répondu à notre sondage, l’adoption d’animaux de compagnie serait même bénéfique pour le couple : « Nous, ce sont deux chattes : Bidule et Moustache. D’ailleurs, la « vieille » Bidule a l’âge de notre couple : 11 ans. ». Pour renforcer ce témoignage, la dernière donnée de notre sondage : pour 83% des sondés, l’animal de compagnie n’est pas un objet de conflit au sein du couple. Alors ne paniquez pas ! S’il est important de prendre vos responsabilités avant l’adoption, il est bien plus probable que votre animal de compagnie vous rapproche plutôt qu’il ne vous divise. Prenez le temps de peser le pour et le contre et surtout de prendre la décision ensemble et tout se passera bien ! 

Plus dinfos :  

  • La libération animale, de Peter Singer.  
  • Les droits des animaux, de Tom Regan.  

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