Poutine réélu : quelles conséquences pour les LGBT russes ?

Président et chef de l’État – Tsar de toutes les Russies – ultra-botoxé depuis aujourd’hui 20 ans et réélu avec 76,66% des voix pour un quatrième mandat à la...

Président et chef de l’État – Tsar de toutes les Russies – ultra-botoxé depuis aujourd’hui 20 ans et réélu avec 76,66% des voix pour un quatrième mandat à la tête du némésis anti-démocratique de l’humanité, Vladimir Poutine n’a eu de cesse, en particulier depuis 2013, de mettre à mal les droits des personnes LGBT. Quel état des lieux en 2018 ? Que pouvons-nous craindre de ces six prochaines années placées sous le signe du machisme et du patriarcat ?

Une loi interdisant « la propagande des relations non-traditionnelles devant mineurs » (astucieux choix de mots pour désigner une loi visant à réduire au silence une couche toute entière de la population), un pouvoir complètement sourd aux violences subies par les homosexuels (notamment sous l’impulsion du machiavélique Maksim Martsinkevitch, leader – pourtant crypto-gay – d’un mouvement néo-nazi ultra homophobe) et même un génocide en cours dans l’une des régions les plus islamisées du Pays. Sans compter les multiples sorties machos, patriarcales et surtout homophobes du Maître suprême Kremlin et de ses alliés à la Douma. Voilà le bilan que nous pouvons tirer du troisième et avant-dernier mandat de Vladimir Poutine.

« Le candidat-Président avait particulièrement visés les homosexuels pour arriver à ses fins en ratissant large »

L’on pourrait sans crainte penser que la Russie est arrivée au summum de l’horreur et pourtant, il n’en n’est rien. Car si depuis 2013, les LGBT russes n’ont pas été gâtés, Vladimir Poutine ne s’était alors pas fait élire sur un programme particulièrement homophobe (c’est un comble), la question homosexuelle étant totalement occultée (ce qui n’est guère mieux), contrairement à cette dernière campagne où le candidat-Président avait particulièrement visés les homosexuels pour arriver à ses fins en ratissant large (l’homophobie étant visiblement un facteur de rassemblement chez les russes).

Concrètement, il est difficile de prévoir ce que le dictateur ambitionne pour le pays qui n’a jamais connue la démocratie. Cependant, à la lumière des chiffres publiés en janvier dernier par levada.ru (ces chiffres provenant du pouvoir russe devant être pris avec de grosses pincettes), l’homosexualité serait considérée comme répréhensible par prêt de 92% des russes. Vladimir Poutine étant un Président que nous pouvons aisément considérer comme populiste, une re-pénalisation (ce serait un cas unique depuis la chute de l’URSS) n’est pas à exclure et les militants, constamment harcelés par les forces de l’ordre et le gouvernement, sont sur les dents pour anticiper ce qui serait l’une des plus vastes et des plus dramatiques régressions des droits LGBT dans le monde.

Nous ne pouvons que souhaiter bonne chance aux activistes à qui il faudra énormément de courage pour lutter contre l’homophobie là où tout semble déjà perdu. N’oublions pas que la communauté LGBT revient de loin et qu’elle ne saurait à nouveau sombrer dans l’oubli.

 

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