SANDRA FORGUES : PREMIÈRE ATHLÈTE FRANÇAISE À FAIRE SON COMING-OUT TRANS

Il y a 22 ans, elle remportait le titre de champion olympique de canoë biplace lors des Jeux Olympiques d’Atlanta. « Champion » puisqu’à l’époque, elle ne s’appelait pas Sandra et elle était considérée comme un...

Il y a 22 ans, elle remportait le titre de champion olympique de canoë biplace lors des Jeux Olympiques dAtlanta« Champion » puisqu’à l’époque, elle ne sappelait pas Sandra et elle était considérée comme un homme. Ça nest que le 9 Mars 2018, à l’âge de 48 ans, que la jeune-femme sest décidéà révéler son secret dans les colonnes de L’Équipe et à ne plus se cacher.  

Par Victorien BIET 

« Ces dernières années, je souffrais vraiment », se souvient douloureusement la jeune femme lors d’un entretien avec le journal l’Équipe. Écumant YouTube et ses milliers de vidéos où des personnes trans du monde entier racontent leur transition et leur nouvelle vie, elle rêvait en secret au jour où elle se déciderait à dévoiler son vrai visage.  

Aujourd’hui présidente du Creps (Centre de Ressources, d’Expertise et de Performance Sportives) de Toulouse, Sandra ne regrette pas son choix de sauter le pas et de corriger cette erreur qu’elle ressent comme une profonde blessure depuis qu’elle connaît la vérité : elle est une femme. Et cette femme n’est pas qu’une simple sportive. Elle est une véritable héroïne à la française. Seize fois médaillée d’or dont une aux Jeux Olympiques de 1996, Sandra Forgues témoigne, par son coming-out, d’un courage et surtout d’un culot encore trop rare dans le milieu du sport par trop homophobe et, à plus forte raison, transphobe.  

C’est justement pour cette raison qu’elle décida de faire son coming-out. Pour elle, mettre un grand coup de pied dans la fourmilière était comme une mission. Mais il fallut attendre longtemps avant qu’elle ne se résolve à libérer son « moi » intérieur et, longtemps avant de passer à l’action, elle conserva la mentalité ambiante : « le sport était un exutoire », un moyen d’oublier que, depuis l’âge de six ans, elle sait qu’elle n’est pas ce que son corps reflète.  

Car ça n’est que beaucoup plus tard que Sandra se décidera enfin à voir la vérité en face et à s’accepter telle qu’elle est : « À chaque fois que je devais lutter contre moi-même, je me réfugiais dans le sport, dans mes capacités physiques qui étaient assez fortes. Je surjouais même. Je me forgeais un corps de « marines ». J’étais dans le refoulement et dans le mensonge. » 

Beaucoup, que ce soit dans le milieu du sport ou en dehors, pourront se reconnaître dans l’histoire de Sandra Forgues, effrayées qu’elle était, toute sa vie durant, par ce qu’elle pensait être anormal, le combattant à grand renfort d’excès de testostérone. Mais on ne peut pas éternellement combattre sa véritable nature et Sandra est aujourd’hui très heureuse, libérée de ce poids qu’elle trainait depuis plus de quarante ans.  

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