Comment rendre nos modes de vie gay compatibles avec une bonne santé ?

Que faire face à certains maux de la vie gay ? Solitude, IST, mal bouffe, drogues… et si nous adoptions des meilleures habitudes ? Tour d’horizon de conseils santé bien-être très gays.  Par Hervé...

Que faire face à certains maux de la vie gay ? Solitude, IST, mal bouffe, drogues… et si nous adoptions des meilleures habitudes ? Tour d’horizon de conseils santé bien-être très gays. 

Par Hervé Latapie 

L’air du temps est aux conseils de « santé-bien-être ». Dans ce monde qui n’en finit plus de craindre toutes les catastrophes écologiques, il nous faut trouver des raisons de bien vivre, le plus longtemps possible et en pleine forme. Or quand on est gay, on peut facilement cumuler un certain nombre d’habitudes qui mettent en péril notre bien-être et notre joie de vivre. 

Nos soucis de santé sont très gays 

Quels sont donc les maux qui nous menacent ? Le premier est simple à comprendre : lorsque nous arrivons dans ce monde, personne autour de nous, dans notre famille, notre quartier, à l’école, puis plus tard au boulot, ne s’attend à ce que nous préférions les garçons aux filles. Dès notre plus jeune âge nous devons affirmer notre différence, l’accepter, parfois faire face à des injures, et le plus souvent simplement dissimuler notre secret. Cela forge un certain caractère, nous familiarise avec une solitude subie, nous oblige à développer une culture du marginal. Tout cela n’est pas toujours bon pour se maintenir naturellement et harmonieusement en bonne santé. 

Comment croyez-vous que l’on explique que les homosexuels, plus que le reste de la population, se suicident plus souvent, fument et boivent plus que les hétéros (Il s’agit de moyennes statistiques, bien sûr !). L’éloignement avec la famille, aggravé ensuite par un célibat plus fréquent, engendre aussi une solitude qui n’est jamais très bonne pour la santé ! Pourquoi ? On prend moins bien soin de soi quand on vit seul ; on mange moins bien, irrégulièrement et moins équilibré ; on est plus souvent atteint de dépression… 

Dernière touche à ce tableau des travers du mode de vie gay : nous sommes particulièrement portés sur les plaisirs sexuels. Pas tous bien sûr, mais beaucoup d’entre nous, au moins durant certaines périodes de notre vie, ont le plaisir de rencontrer de multiples partenaires et de s’adonner avec eux à des jeux plaisants, mais qui hélas nous confrontent à de vilains virus et d’affreuses bactéries. Nous sommes donc les champions toutes catégories pour ce qui est du VIH et autres IST. 

Comment améliorer notre mode de vie ? 

Rassurez-vous, chacune de nos mauvaises habitudes peut se contrer. Déjà prendre conscience de nos fragilités est un premier pas. N’en déplaise à ceux qui ne croient pas à l’efficacité des psychothérapies, parler, échanger, comprendre, décortiquer tous nos modes de fonctionnement, c’est la première étape vers un mieux-être. 

Alors voici un tour d’horizon de quelques bons conseils, qui tous réunis, constituent un véritable art de bien vivre gay. 

1) Limiter le virtuel, passer au réel ! 

Le principal malaise de la vie actuelle est ce sentiment de solitude. On a été bercé depuis des années par l’idéologie libérale, l’individualisme a triomphé et toutes les nouvelles technologies nous incitent à nous replier. Avec son smartphone on peut passer des heures et des heures à faire tout et n’importe quoi, et avoir l’impression qu’on est au centre d’un formidable réseau. Sauf que… Il y a une erreur quelque part ! Nous avons besoin de collectif, de présence humaine et de dialogues aboutis. 

Pour aller mieux ? Sortez, inscrivez-vous à des activités collectives, militez, battez-vous pour les autres, draguez dans des lieux où l’on se voit et se parle. Laissez votre smartphone à la maison avant de sortir. Cultivez les quelques amitiés qui comptent le plus, instaurez ensemble des rituels de rencontre : un rendez-vous hebdomadaire régulier, pour ne jamais laisser plus d’une semaine sans se voir. Trouvez des habitudes dans un bar ou autre lieu où vous retrouvez souvent les mêmes personnes. Allez au cinéma, au spectacle, humanisez votre vie ! 

2) Tabac, alcool, addictions : faites un check up. 

Les gays sortent plus et donc consomment plus de produits tels que alcool et tabac. Ils ne sont pas tous addicts pour autant ! La consommation de ces produits peut être modérée, excessive, ou carrément problématique lorsqu’elle devient une véritable addiction que l’on ne contrôle plus et qui du coup altère progressivement notre vie sociale, affective ou professionnelle (on perd un peu les pédales). 

Le tabac par exemple est un des produits le plus addictif, il semble que ses dégâts soient vraiment considérables, d’autant plus pour les séropos. La plupart des fumeurs souhaitent arrêter mais n’y parviennent pas. 

La méthode miracle n’existe pas, idem pour l’alcool, mais il semble que tacher d ‘intégrer un groupe d’auto-support présente pas mal d’intérêts : il s’agit de groupes de parole, on se retrouve avec d’autres qui vivent une expérience similaire, on se fait des potes et on partage ses histoires. 

3) Sexualité : la rendre plus safe ! 

On ne va pas ici vous refaire toute la leçon sur la prévention du VIH et des IST. Mais force est de constater que dès qu’un gay choisit un mode de vie qui l’amène à avoir de nombreux partenaires sexuels, il a tout intérêt à devenir un expert en santé sexuelle ! Ou si on prend une autre image, être un cascadeur sexuel implique de savoir bien se protéger pour éviter l’accident. 

Tous ceux qui vous disent que tout cela est simple et sans graves conséquences, que le sida va disparaitre et que les antibiotiques c’est fantastique, vous mentent. Les gays jouissent d’une liberté sexuelle conditionnelle : s’ils oublient la prudence, ils se retrouvent immanquablement obligés de se soigner. La prudence peut être, dans certains cas, prendre un traitement (TASP-PREP-TPE), mais c’est avant tout adopter la culture du safer sex (plaisirs sexuels à moindre risque, dont l’usage de la capote). 

4) Bien se nourrir, même en solo. 

La révélation santé de ces dernières années est la découverte des ravages de la mal bouffe. Toute la nourriture que nous avalons détermine le bon ou mauvais fonctionnement de notre organisme. Or un gay qui vit seul mange souvent très mal : tentation du surgelé ou du plat sous vide, grignotage compulsif tout en chattant sur une appli à la recherche du partenaire du jour, ou encore halte à la sandwicherie infame du coin de la rue… Telle est bien souvent notre triste régime alimentaire. 

S’intéresser enfin à ce que l’on mange est la meilleure façon de bien vous occuper de vous, et donc d’aller mieux. Apprendre peu à peu l’équilibre des mets, mieux garnir placard, frigidaire et congélateur (c’est-à-dire écarter toute la bouffe industrielle), retrouver le temps de cuisiner, même seul. Les effets positifs sont garantis en quelques semaines de bonnes pratiques. 

5) Sommeil : dormir est très utile ! 

Il y a tellement de raisons d’oublier de dormir : sortir draguer la nuit venue, passer des heures devant son écran d’ordinateur, visionner des séries. Il y a aussi tellement de mauvaises habitudes qui perturbent le sommeil : abuser d’excitants, s’empiffrer de mauvaise bouffe avant de se coucher, s’entourer dans sa chambre d’écrans en tous genres. 

Le manque de sommeil, ou le sommeil de mauvaise qualité, favorisent la fatigue chronique et le mal être, voire dans les cas le plus grave, la dépression. Intéressez vous à votre façon de dormir, à votre lit : une chambre ne doit être conçue que pour dormir ou faire l’amour. 

Ainsi être gay peut vous amener à malmener votre hygiène de vie. Autant le savoir et commencer à en prendre conscience pour adopter de nouvelles attitudes. 

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