MARCELO CAETANO, RÉALISATEUR DE CORPO ELÉTRICO : « Les crimes de haine sont de plus en plus nombreux au Brésil, surtout dans les favelas. »

Il sortira le 16 Mai dans les salles de cinéma et est le nouveau phénomène du moment. Corpo Elétrico, réalisé par Marcelo Caetano, déjà adulé par la critique, dresse un portrait hallucinant de...

Il sortira le 16 Mai dans les salles de cinéma et est le nouveau phénomène du moment. Corpo Elétrico, réalisé par Marcelo Caetano, déjà adulé par la critique, dresse un portrait hallucinant de réalisme sur la vie des LGBT à Sao Paulo. Son réalisateur nous entraine dans son univers sensible et poétique et nous détaille sa vision.  

Par Victorien BIET 

Marcelo, quand on découvre ton film, la première chose qui nous vient à lesprit cest « pourquoi ce titrede Corpo Elétrico ? » 

Il faut savoir que, en Anglais, mon film s’intitule Body Electric. C’est un titre qui s’inspire du poème de Walt Whitman « I sing the Body Electric ». C’est un poème qui célèbre la beauté qui existe en chaque corps sans aucune forme de jugement, sans préjudice et avec le désir d’une liberté absolue. Ma motivation première était de traduire les images du poème en une structure cinématographique et c’est à ce moment que vient le personnage d’Elias. Il est le personnage principal du film, un jeune-homme gay errant à travers différents univers. 

Lhomosexualité et la transidentité sont des sujets sensibles au Brésil. Ton film peut-il changer les choses, à ton avis ?  

Le Brésil est un pays très complexe. Au cours des dernières années, nous avons su remporter un grand nombre de victoires pour la communauté LGBT comme le Mariage Pour Tous en 2013. Dans notre POP culture, nous avons un très large mouvement de chanteuses drag et trans. Pourtant, les crimes de haine sont de plus en plus nombreux, surtout dans les favelas. J’essaye de montrer une espèce de solidarité à travers d’improbables rencontres. Je ne pense pas que mon film puisse changer quoi que ce soit mais c’est une vision nouvelle de la liberté et de la solidarité entre les minorités oppressées au Brésil.  

Le film va donc bien plus loin quune simple histoire damour homosexuelle et nous plonge en plein coeur de la vie Pauliste. Pourquoi ?  

Je pense que des personnages queer ont besoin de passer par d’autre préoccupation que leur sexualité comme leur couleur de peau, leur travail, la solitude qu’ils peuvent ressentir, leur classe sociale. Ils ont besoin d’être dans le monde.  
Elias est un migrant qui vient à São Paulo pour le travail mais aussi pour l’anonymat et la tolérance sexuelle de cette ville. Mais y vivre est très difficile. Il va donc se battre contre le temps pour devenir une « machine à travailler ». Pour lui comme pour les gens de là-bas, le travail est une obsession. Les gens ne parlent que de ça et c’est l’une des questions que traite le film. Donc je pense que c’est également un métrage sur la classe ouvrière.  

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