Marcelo Caetano, réalisateur de Corpo Élétrico : « Les crimes de haine sont de plus en plus nombreux au Brésil, surtout dans les favelas. »

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Il sort aujourd’hui, 16 mai 2018, dans les salles de cinéma et c’est le nouveau phénomène du moment. Corpo elétrico , réalisé par Marcelo Caetano, déjà adulé par la critique, dresse un portrait hallucinant de réalisme sur la vie des LGBT à São Paulo. Son réalisateur nous entraîne dans son univers sensible et poétique et nous détaille sa vision.

Marcelo, quand on découvre ton film, la première chose qui nous vient à l’esprit c’est « pourquoi ce titre de Corpo Elétrico ? »

Il faut savoir que, en Anglais, mon film s’intitule Body Electric. C’est un titre qui s’inspire du poème de Walt Whitman, I Sing the Body Electric. C’est une ode à la beauté qui existe en chaque corps, sans aucune forme de jugement, sans préjudice et avec le désir d’une liberté absolue. Ma motivation première était de traduire les images du poème en une structure cinématographique et c’est à ce moment que vient le personnage d’Elias. Il est le personnage principal du film, un jeune homme gay errant à travers différents univers.

L’homosexualité et la transidentité sont des sujets sensibles au Brésil. Ton film peut-il changer les choses à ton avis ?

Le Brésil est un pays très complexe. Au cours des dernières années, nous avons su remporter un grand nombre de victoires pour la communauté LGBT comme le Mariage pour tous en 2013. Dans notre pop culture, nous avons un très large mouvement de chanteuses drags et trans. Pourtant, les crimes de haine sont de plus en plus nombreux, surtout dans les favelas. J’essaye de montrer une espèce de solidarité à travers d’improbables rencontres. Je ne pense pas que mon film puisse changer quoi que ce soit, mais c’est une vision nouvelle de la liberté et de la solidarité entre les minorités oppressées au Brésil.

Le film va donc bien plus loin qu’une simple histoire d’amour homosexuelle et nous plonge en plein cœur de la vie pauliste. Pourquoi ?

Je pense que des personnages queer ont besoin de passer par d’autres préoccupations que leur sexualité. Comme leur couleur de peau, leur travail, la solitude qu’ils peuvent ressentir, leur classe sociale. Ils ont besoin d’être dans le monde. Elias est un migrant qui vient à São Paulo pour le travail, mais aussi pour l’anonymat et la tolérance sexuelle de cette ville. Mais y vivre est très difficile. Il va donc se battre contre le temps pour devenir une « machine à travailler ». Pour lui comme pour les gens de là-bas, le travail est une obsession. Les gens ne parlent que de ça et c’est l’une des questions que traite le film. Donc je pense que c’est également un long-métrage sur la classe ouvrière.

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