SOS Homophobie : ce qu’il faut retenir du nouveau rapport annuel

Agressions physiques, milieu scolaire, biphobie ...

Pour la 22è année consécutive, l’association présente son rapport issus des témoignages recueillis par ses bénévoles. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le bilan pour 2017 est loin d’être positif …

 

Le 15 mai dernier, la DILCRAH (Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisime, l’Antisémitisme, et la Haine anti-LGBT) présentait, pour la deuxième année consécutive, les chiffres des crimes et délits LGBTphobes. Des résultats qui présentaient une stagnation par rapport à l’année passée, en l’occurence 1 026 infractions (au lieu de 1 020 en 2016), et qui surtout montrait l’ancrage de la haine anti-LGBT en France. Une tendance également constatée à travers les chiffres de SOS Homophobie présentés mercredi, et dont voici les principaux enseignements…

 

  • Une augmentation de 4,8% des témoignages

 

C’est une nouvelle année de hausse, après les 19,6% de hausse de 2016. Même si celles-ci peuvent aussi s’expliquer par les nouveaux droits acquis qui ont permis une libération de la parole, ces chiffres attestent le sentiment de la DILCRAH concernant la récurrence d’une LGBTphobie sortie du placard.

 

  • Des agressions de plus en plus physiques …

 

Ce sont en effet pas moins de 139 agressions physiques qui ont été répertoriées, soit 15% de plus qu’en 2016.

 

  • Les cas de biphobie explosent de 154 %

 

Si les témoignages de lesbophobie sont en recul de 14%, les cas de gayphobie augmentent eux de 30% et 50% pour la transphobie.

 

  • Le milieu scolaire, un terreau fertile pour les LGBTphobies ?

 

Effectivement, les témoignages dans ce cadre ont augmenté de 38%. « Pédé » reste la première insulte prononcée dans les cours de récréation. A noter, la baisse sensible des cas en milieu professionnel.

 

  • Internet, l’éternel mauvais élève ?

 

22% des cas signalés à SOS Homophobie ont eu lieu sur la Toile, faisant du web le média principal de LGBTphobie. Facebook et Twitter représentent à eux seuls 64% des signalements.

 

  • La faute aux politiques ?

2017 a été une année électorale particulièrement dense, entre l’élection présidentielle et les législatives. Et certains candidats n’ont pas hésité à proposer dans leur programme une certaine remise en cause des acquis du public LGBT, mettant en avant des organisations aux valeurs conservatrices (à l’instar de François Fillon et Sens Commun).

 

 

  • PMA : le spectre de 2013 en embuscade ?

 

Même si SOS Homophobie soutient grandement l’ouverture de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) pour toutes les femmes, dans un souci d’égalité, et pour répondre à l’avis favorable des français (en mars 2018, 58% des Français se déclaraient pour, selon un sondage pour l’Obs), l’association espère que cette ouverture pourra se faire dans un climat apaisé afin de ne pas revivre un « 2013 bis ». En plein débat sur le Mariage pour Tous, cette année-là, les témoignages recueillis avaient alors augmenté de 78% …

 

 

 

 

 

Grégory Ardois-Remaud

Nantais d’origine, le jeune journaliste est un passionné avant tout qui aime s’évader dans le jardinage ou la littérature. Son talent caché ? Il connaît la bio de Louis de Funès sur le bout des doigts.

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