Garçon Live : pourquoi il ne faut plus parler « d’homophobie ».

C’est à l’occasion de la Journée Mondiale de Lutte Contre l’Homophobie et la Transphobie que l’équipe de Garçon Live a été amenée à se poser cette question existentielle :...

C’est à l’occasion de la Journée Mondiale de Lutte Contre l’Homophobie et la Transphobie que l’équipe de Garçon Live a été amenée à se poser cette question existentielle : « Qu’est-ce qu’un homophobe ? ». Au cours d’une chronique qui a beaucoup fait réagir, Victorien est revenu sur cette question en posant le problème de la terminologie.

L’homophobe a-t-il peur de l’homosexuel ? L’homophobie est-elle le résultat d’une crainte inspirée par l’homosexuel ? En quelques sortes, ce dernier est-il responsable des réactions qu’il entraine chez ses contemporains en les effrayant ? Nous pouvons même aller plus loin puisque la notion de « phobie » porte une connotation psychiatrique. L’homophobe serait-il tout simplement irresponsable de ses actes, tout effrayé qu’il est par l’homosexualité ?

En 2017, les actes homophobes sont en augmentation de 5% en France, pays pourtant pionnier en matière de droits LGBT. Cette situation qui n’a cessé de croitre depuis la réforme du Mariage Pour Tous en 2013 devient absolument critique. Que ce soit en France et dans le monde, les actes barbares, les répressions et les lois discriminatoire ne font que progresser. Pouvons-nous sérieusement comparer des passages à tabac, des insultes quotidiennes, du harcèlement et des assassinats à la peur d’un insecte, par exemple ?

Il faut savoir qu’une phobie est une maladie. Le simple fait de dire « j’ai peur des araignées » n’en fait pas une phobie. En revanche, l’homophobie répond à un certain contexte social et culturel. C’est un mode de pensée qui s’acquiert volontairement et non pas en conséquence d’un choc émotionnel.

En conséquence, continuer à utiliser ce mot pour qualifier un crime de haine à l’encontre des homosexuels déresponsabilise le criminel mais culpabilise la victime en la désignant comme une chose susceptible de provoquer la peur. Quelle expression faudrait-il utiliser alors ? « Criminel de haine » est sans doute la plus adaptée puisqu’il n’y a pas plusieurs niveaux de haine. Toutes les haines se valent et sont intolérables. Diviser les haine c’est aussi nous diviser dans notre combat pour y mettre un terme.

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