LUCAS KAZAN « CE QUI COMPTE VRAIMENT EST DE RESTER FIDÈLE À SOI-MEME ET À SON MONDE POÉTIQUE »

Diffusé en mai sur la live TV de PinKX.EU, « Addicted » est non seulement un régal pour les amateurs de beaux mâles, comme le macho Jean Franko, le daddy Pietro Cattani et le ragazzo Andrea...

Diffusé en mai sur la live TV de PinKX.EU, « Addicted » est non seulement un régal pour les amateurs de beaux mâles, comme le macho Jean Franko, le daddy Pietro Cattani et le ragazzo Andrea Fusco, mais il est aussi une célébration : les 20 ans du label Lucas Kazan qui le produit. À cette occasion, son fondateur nous a accordé une interview exclusive… 

Fondé en 1998, Lucas Kazan Productions fête ses 20 ans. Mais un an auparavant vous aviez réalisé votre premier long métrage pornographique, « Journey to Italy », pour Men of Odyssey 

Ma première réalisation date effectivement de 1997, mais je travaillais dans le business depuis 1992 afin de progresser… J’ai été le directeur de production de Gino Colbert et aussi de Jeff Stryker. J’ai travaillé avec Ken Ryker, Ryan Idol et Joe Stefano… Et « Journey to Italy » fut mon baptême du feu. J’ai ensuite autofinancé sa suite (« Désire. Journey to Italy 2 ») et l’ai vendue à Men of Odyssey, tout en conservant les droits sur sa version soft. Puis vint « Hôtel Italia » : ce fut le budget le plus élevé de l’année pour une telle production ainsi que pour mon portefeuille. Mais Odyssey n’en a pas voulu car c’était hors de leurs moyens. Alors je n’ai eu d’autre choix que de lancer mon propre studio – juste pour me rembourser. C’est drôle comme les choses se passent parfois : une porte ferme, un autre s’ouvre, riche d’opportunités. 

Gino Colbert fut un de vos amis très proche. Est-ce faux de penser que ce que vous vivez avec Ettore Tosi rappelle ce que Colbert et vous aviez partagé dans les années 1990 ? Et que la meilleure part de votre travail est d’avoir quelqu’un qui suit vos pas ? 

Nous sommes tous portés par les géants qui nous ont précédés. Oui, j’ai eu la chance de fraterniser avec Gino, Kristen Bjorn, George Duroy, Tom DeSimone, Jerry Douglas, Scott Masters, Bill Higgins, John Travis… Tous ont contribué à former ma propre vision de la sexualité et, ce qui est peut-être le plus important, à m’apporter un savoir-faire pour atteindre mes buts et trouver ma voix… Nous apprenons tous aussi de nos essais et de nos erreurs, perfectionnant avec patience notre métier. Et tous nous nous entourons de collaborateurs qui aident à donner vie à nos rêves. J’ai passé le flambeau de la réalisation à Ettore fin 2010, quand je me suis rendu compte que je ne pouvais plus réaliser ce que j’avais l’intention de faire. Bien sûr, il réalise pour le label et doit respecter certaines spécificités. Mais Ettore reste lui-même. Alors que je m’intéresse au porno d’ « auteur » ainsi qu’à ceux qui derrière la caméra le font, lui vient du reality porn. Il a commencé à en faire dès le début des années 2000 avec ses « Private Sex Files » (« Pas de lumière, aucune équipe technique, juste moi, ma caméra voyeuse et les jeunes hommes que je rencontre à travers le monde. Du sexe vrai, en temps réel… »). Et Ettore est libre de continuer à en faire avec ses OnlyFans pages. 

Parallèlement au porno, vous aviez commencé une carrière de producteur de films indépendants. Vous avez par exemple produit les longs métrages « Green Plaid Shirt » (1996) et « Where The Elephant Sits » (1997). Est-ce que cette carrière est définitivement close ? 

À une époque j’ai cru que mon intérêt pour la réalisation de film porno ainsi que celle de films grand public pouvaient coexister. Pendant que j’étais critique cinéma et que j’étais correspondant étranger pour de nombreuses publications, j’ai aussi eu régulièrement une colonne dans le mensuel LGBT italien Babilonia et j’ai écrit le premier ouvrage « universitaire » sur l’histoire du porno gay, en le traitant comme un genre parmi d’autres. « Vietato ai Minori » a été publié en 1999 par Zoe Edizioni. Quand j’ai travaillé comme directeur de production pour Gino Colbert, j’ai aussi créé ma société de production grand public et produit des courts métrages qui ont été primés, ce qui m’a amené à produire « Green Plaid Shirt ». Mais après « Journey to Italy », j’ai su que je devais choisir. E j’ai choisi le porno… Ceci étant dit, je n’ai pas abandonné l’idée de dresser un pont entre le porno et le mainstream. Peut-être pas au sein de Lucas Kazan. Plus certainement chez le label iconique Bel Ami (je supervise leurs affaires relatives aux DVD et licences). Restez prêts… 

Dans la liste de tous vos modèles depuis 20 ans, quels sont vos préférés ? 

En vérité, il n’y a pas d’acteur préféré. Je les aime tous. Avec certains j’ai pu construire une relation à long terme. Alors que d’autres sont vite passés à autre chose. 

Et pourrionsnous imaginer un tournage dans le Sud de la France ? une coproduction avec PinkX ? 

Absolument. PinkX et moi nous sommes déjà en discussion pour approfondir notre collaboration qui date d’une décennie. En plus, j’adore le cinéma français et la France dans son intégralité. Pas seulement sa partie méditerranéenne, que nous visitons souvent. 

Et comment voyez-vous le futur de Lucas Kazan Productions ? 

Quand j’ai commencé, le porno avait un point de vue, il avait un but – politique et artistique-, il donnait chair et sang à nos fantasmes quand aucun autre média n’osait le faire. Aujourd’hui le porno est partout – à cause de la piraterie sur le Net – et se résume à de la tuyauterie, de la technologie, du marketing et du trafic. Et ce trafic est entre les mains de quelques grandes organisations, le plus souvent hétéros, qui se font de l’argent dessus. La question n’est pas le futur de mon label. C’est le futur de tout contenu préenregistré. Facilement remplacés par les applications mobiles, les chats, les live cams, les sites de rencontres, les réseaux sociaux, les tumblr… C’est un jeu totalement nouveau, vraiment. Et pas l’un de ceux qui m’intéresse beaucoup, je dois dire. 

PLUS D’INFOS 

ADDICTED 

Diffusé en mai sur la live TV de PinKX.EU 

Et sur pinktv.fr, retrouvez l’intégralité de l’interview du légendaire Lucas Kazan, avec en bonus l’intervention d’Ettore Tosi. 

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