TUNISIE : LE TEST ANAL… ÇA FAIT MAL.

C’est le jeudi 17 mai que Mounir Baatour s’est vu décerner, ainsi que Alice Nkom, avocate camerounaise, le prix IDAHO pour sa défense des droits des homosexuels en Tunisie. L’homme, qui est...

Cest le jeudi 17 mai que Mounir Baatour sest vu décerner, ainsi que Alice Nkom, avocate camerounaise, le prix IDAHO pour sa défense des droits des homosexuels en Tunisie. Lhomme, qui est aussi le Président de lassociation SHAMS, est également revenu sur le test anal toujours pratiqué dans son pays durant son discours dont voici quelques extraits. 

Propos retranscrits par Victorien Biet 

« La Tunisie est l’un des rares pays, il y en a huit au monde, qui pratiquent encore le test anal. Ce test consiste en un examen rectale, soit-disant pour établir si la personne a eu de relations sexuelle par voie anale. Ce test n’a aucune valeur scientifique et a été considéré comme un acte de torture par l’ONU en 2017. C’est un acte de torture à la fois physique et psychologique.  

La Tunisie est l’un de ces pays qui réquisitionnent des médecins légistes au nom de l’institution judiciaire pour faire subir ce test de la honte à des homosexuels pour prouver leur homosexualité. Par ailleurs, le nombre de condamnations depuis que les Islamistes sont au pouvoir a fortement augmenté. Nous avons comptabilisées quelques 420 arrestations depuis la Révolution. L’année dernière, nous étions à environ quatre-vingt arrestations et incarcérations.  

Et les peines infligées en première instance aux homosexuels peuvent aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement ferme. Sachant que, parmi les personnes condamnées, ils sont nombreux ceux qui l’ont déjà été par le passé pour les mêmes motifs, c’est à dire pour l’article 230. Tout le monde sait que la prison ne change pas l’orientation sexuelle. Le risque que l’inculpé se fasse arrêter à nouveau est donc très élevé. Il n’y a pas de solution et pour le législateur tunisien, les homosexuels doivent rester en prison à vie. » 

CE QUE DIT LA LOI :  

Article 230 du Code Pénal tunisien : « La sodomie, si elle ne rentre dans aucun des cas prévus aux articles précédents, est punie de l’emprisonnement pendant trois ans. » 

En vérité, si la traduction française de cette loi n’évoque que la sodomie, sa version en langue arabe parle bel et bien de « relations homosexuelles féminines et masculines ». La version arabe ayant la priorité sur le texte français, c’est lui qui est appliqué.  

Plus dinfos :  

  • shams-tunisie.com 

– Mounir-Batour-e1502659881210 : Mounir Baatour est président de l’association SHAMS depuis sa création le 17 mai 2015. 

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