SÉBASTIEN, CRÉATEUR DE LIEUXDEDRAGUE.COM : « En coulisse, beaucoup de députés et policiers ont des pratiques gays ! »

Sébastien est le fondateur et le concepteur du site Lieux de Drague. En 2018, il a pris la décision de reverser 10% de son chiffre d’affaire à l’association Shams pour la dépénalisation de...

Sébastien est le fondateur et le concepteur du site Lieux de Drague. En 2018, il a pris la décision de reverser 10% de son chiffre daffaire à lassociation Shams pour la dépénalisation de lhomosexualité en Tunisie. Revenons avis lui sur ce combat qui lui tient beaucoup à coeur.  

Propos recueillis par Victorien BIET 

Sébastien, parles-nous de ton site, Lieux de Drague.

J’ai créé Lieux de Drague il y a 8 ans et demi, car je m’étais rendu compte que les sites de lieux de drague étaient peu actifs et peu maintenus.Mon site a atteint les 10 millions de pages vues en 3 ans et on a actuellement plus de 224.000 comptes actifs.

Pourquoi as tu décidé de t’investir au coté de Shams et de reverser 10% de ton chiffre d’affaire à cette association ? 

J’ai découvert la Tunisie dans un premier temps pour des raisons professionnelles non liées au site (ma société développait des sites pour d’autres avant). J’ai rapidement aimé ce pays et ses habitants, à la fois très « famille », chaleureux, mais parfois aussi peu matures sur certains aspects sociétaux, en particulier liés à la sexualité.J’ai pu rencontrer des jeunes hommes qui ont eu des soucis avec la police, et ça m’a donné envie de rencontrer une association gay tunisienne pour lui donner un coup de pouce. En 2017, j’ai contacté Mounir Baatour, le président de Shams. Lorsqu’il m’a parlé des besoins de l’association, j’ai réfléchi et décidé de partager un peu des revenus de mon site. 

Comment en es-tu arrivé à soutenir ce combat ?

En 2015, j’étais en vacances avec un ami à Sousse, la deuxième ville du pays. Nous avons rencontré plusieurs jeunes gays et nous discutions dans la rue. Deux policiers sont arrivés et nous ont demandé nos papiers. L’un des deux, le chef visiblement, était en civil. Comme nous ne les avions pas, il nous a amené à l’appartement, et nous a demandé nos portables. Il a parcouru les photos et a essayé de nous intimider en proférant des menaces.Comme il n’avait aucune preuve que nous pratiquions l’homosexualité, il nous a relâchés, en même temps qu’il a demandé un paquet de cigarettes et un petit billet pour son collègue.En descendant les escaliers, il m’a expliqué comment être plus discret pour organiser des rencontres avec des gays… C’est ça le paradoxe tunisien. Une condamnation des faits homosexuels, mais en coulisse beaucoup de députés et policiers ont des pratiques gays !

Plus d’infos :  

  • lieuxdedrague.com 
  • shams-tunisie.com  

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