Alex Pettyfer : « Je suis plus proche de Nick que d’un héros »

Étrange, vous avez dit étranges ?

The Strange Ones est la sensation mystique du moment au cinéma. A l’affiche, Alex Pettyfer, avec ses allures de mauvais garçon (qu’il n’est clairement pas) se fond dans ce rôle avec subtilité, incarnant le mystère avec élégance. Pour connaître un peu mieux cet acteur au charme ravageur, Garçon Magazine a eu le plaisir de le rencontrer.

Propos recueillis par Maxime Querbes

 

 

Vous incarnez Nick dans The Strange Ones, un personnage assez mystérieux. Comment le définiriez-vous ?

C’est un personnage qui intériorise beaucoup, il doit lutter contre qui il est, son identité.

En général on connait le personnage dès le début alors que là on le découvre au fur et à mesure que le film avance. C’est une autre façon de jouer, vous l’avez appréhendé comment ?

Christopher Radcliff et Lauren Wolkstein, les réalisateurs, ont écrit un script magnifique qui était très différent du résultat du film. Il a été écrit dans l’ordre chronologique. Beaucoup de choses de ce script ont été expliquées, et je pense qu’ils ont été très courageux une fois que le film a été tourné de prendre la décision osée de le ramener vers ce thriller mystérieux et ambigu. The Strange Ones impose au public de se poser beaucoup de questions sans qu’il n’en apporte les réponses. C’est une jolie façon de faire ce type de film. Quand je l’ai regardé deux ou trois fois, sachant que je ne suis pas comme le public puisque je connais l’histoire, mon personnage et le scénario, j’ai commencé à comprendre ce qu’ils avaient fait et ça m’a vraiment étonné.

Est-ce que c’est une facette de jeu que vous voudriez continuer à explorer ?

Oui, j’adorerais continuer à faire des choses comme cela. Quand vous jouez dans un film, vous donnez votre entière confiance au réalisateur parce qu’ils font le film. Tu ne peux pas faire ton job d’une façon égoïste comme une expérience seul. Donc le suivre dans celle-ci m’a vraiment plu.

 

 

Il y a deux personnages centraux, Nick et Sam. Ce n’était pas difficile de jouer avec une personne que vous ne connaissez pas non-stop, en plus de jouer un rôle très brumeux, avec peu d’informations, c’est un vrai investissement personnel, non ?

Quand nous avons commencé à tourner le film, Loren et Chris nous ont fait beaucoup sortir ensemble, James Freedson-Jackson et moi. Grace à cela je l’ai adopté comme un frère. Au moment du tournage il n’avait que quatorze ans et ça a facilité les choses, on a adopté un rôle différent lui et moi, avec un côté plus grand frère de mon côté forcément. J’ai découvert un homme adorable… enfin un enfant, au choix, je ne sais pas trop si on doit le considérer comme un homme ou un enfant à cet âge (rires). Il est jeune mais c’est très simple de tourner avec lui, il a un talent naturel, il se donne complètement en tant qu’acteur, et il offre beaucoup de possibilité de rebondir durant le tournage.

Au fond, vous aviez le champ libre en tant qu’acteur, mais en même temps le public découvre les personnages un peu comme vous les avez découvert. Ce n’était pas un risque ?

C’est assez marrant cette liberté dans un film indépendant, ça colle bien avec la liberté qui nous a été donnée pour explorer nos personnages. Soit tu prends la bonne, soit la mauvaise décision, mais c’est une question de choix. C’est un cheminement assez effrayant, mais pour The Strange Ones ça fonctionne parfaitement. Pour moi, l’art c’est ça. Je compare souvent ce genre de film à des peintures. J’adore d’ailleurs Picasso. Quand tu peins quelque chose, tout le monde n’aimera pas forcément, seules quelques personnes comprendront ce que tu as fait. Pour les films studio c’est un peu plus comme si tu imprimais quelque chose en continu un peu comme Andy Warhol et ses portraits. Attention, ce n’est pas une critique, car pour moi ce sont des chefs d’œuvre aussi.

Justement, c’est en soi une jolie façon de décrire ce film, “une peinture”. Mais vous, en quelques mots, vous nous en diriez quoi ? Car on lit souvent un parallèle entre rêve et cauchemar.

 

C’est très difficile. Je dirais qu’il est fait dans le passé et dans le futur, mais il n’y a pas de présent. Pour moi s’il y a un parallèle à faire, c’est plutôt réalité et fantastique, car c’est basé sur la réalité et non sur un rêve.

Deux personnages, deux contraires mis côte-à-côte. On a l’impression d’être dans un conflit permanent de deux opposés finalement ?

Ça vient vraiment de Lauren et Chris quand ils l’ont créé. Au départ, le scénario était très simple, du coup ils ont cherché à changer le film au fur et à mesure. Ce processus créatif est le principal risque qui a été pris. Mais ça fonctionne et ça le rend d’autant plus beau.

 

 

Il y a beaucoup de lumière dans l’affiche, mais pas tellement sur votre personnage, qui est un rôle assez sombre. C’est assez nouveau pour vous, non ?

J’ai déjà joué des personnages légèrement sombres, même si ce n’était pour un court moment. Jouer un rôle comme ceci ne veut pas forcément dire être le mauvais garçon, mais bien être une personne avec une façon d’être plus noire, ce qui est un challenge. Par contre, j’ai trouvé cela plutôt facile car j’aimerais bien être un peu comme cela. Enfin ce n’était pas non plus l’un des moindres challenges dans ce rôle. Simplement, je pense que c’est plus simple à jouer que d’être le personnage héroïque et stoïque, je suis définitivement plus proche de Nick que d’un héros.

A l’origine, The Strange Ones était un court métrage. Vous qui avez vu les deux versions, vous les compareriez comment ?

Le court-métrage est pour moi très représentatif de comment Lauren et Chris allaient diriger le long-métrage. On voit durant les cinquante minutes ce qu’ils voulaient réaliser. Ils ont eux-mêmes dit qu’ils étaient très nerveux à propos du résultat, du fait d’étendre un film qui a déjà une base. Leur but était d’en faire quelque chose de cohérent, intelligemment fait, et je pense qu’ils ont réussi cela, car en même temps ils avaient une vraie contrainte. Je trouve qu’il y a ainsi une vraie constance visuellement.

Des critiques comparent ce film à un Hitchcock. Ça fait quel effet ?

Je dois avouer que je déteste les comparaisons, mais en soi, c’est un joli compliment, je ne vais pas le cacher ! Ce n’est pas faux qu’il y a un aspect hitchcockien, mais cependant ce qu’on fait Lauren et Chris est un mélange de différents réalisateurs, mais la finalité est avant tout spectaculaire.

Vous parliez de peinture, mais d’autres parlent de photographie. On peut dire que c’est un film de beauté, non ?

C’est effectivement un très beau film, et ça se voit d’ailleurs sur les images du film, celles qui ont été prises par le directeur de photographie. Quand j’ai vu le film au cinéma à Paris pour la projection, je me suis aperçu a quel point c’est un film sombre en termes de lumière. Chaque moment est vraiment très beau visuellement et il est vrai que j’ai souvent été abasourdi par son esthétisme.

On a beau dire depuis tout à l’heure que c’est sombre, mais je suis sûr qu’il y a eu des moments plutôt drôles durant le tournage, vous pourriez nous en raconter un peu ?

James est très drôle de base, il est de très bonne compagnie. Nous vivions tous dans le même hôtel, nous faisions souvent des batailles d’eau ensemble. Et forcément quand on vit sous le même toit, cela rapproche. Quand on finit le boulot on sort ensemble, c’est convivial, même si parfois tout n’est pas rose car tout le monde ne se correspond pas toujours. Mais de notre côté on faisait une jolie famille.

Ce qui vous a permis d’être liés dans le film aussi…

Tout à fait car il y a une connexion seulement si vous y êtes préparés avec les personnages que vous jouez. On voit souvent des acteurs qui jouent des amoureux mais qui se détestent dans la vraie vie, mais il y a une petite étincelle. Pour moi ce qui compte c’est d’être là au moment présent. C’est bien là que la connexion commence. James est très bon dans ça, il est toujours présent quand il doit l’être.

 

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