Michel Piacenza : Un patron gay engagé et amoureux de la communauté

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Figure emblématique de la cité phocéenne, Michel Piacenza a marqué de son empreinte la ville de Marseille, à une époque ou l’homosexualité n’était pas une évidence. Déjà, avant sa dépénalisation, il ouvrait un établissement afin de donner une visibilité aux LGBT ! Portrait d’un homme engagé, en partenariat avec L’Enipse [Équipe nationale d’intervention en prévention et santé pour les entreprises], afin de préserver la mémoire des « grands barons » de notre histoire communautaire.

Propos recueillis par Christophe Soret.

Michel, vous êtes, depuis plus de trente ans, l’un des acteurs majeurs de la vie gay à Marseille. Le 1900, Les MP Aix, MP Bar, MP Sauna et le New Cancan sont quelques-uns de vos établissements phares. Pourquoi avoir choisi de travailler dans le milieu LGBT ?
C’était évident pour moi de commencer dans mon milieu, le milieu Gay qui, à l’époque, était en pleine évolution… C’était un challenge [l’homosexualité n’a été dépénalisée qu’en 1982] que d’ouvrir, le 1er mai 1978 à Marseille, le premier bar gay « ouvert » de la Ville. J’ai toujours aimé mixer les clientèles, les genres, les origines et les couleurs. Ayant la chance d’être né et de vivre dans une ville cosmopolite, métissée et merveilleuse, cela a facilité mes objectifs. Marseille n’est pas, à mon avis, une ville homophobe, simplement une « ville villages » [Marseille est composée d’une multitude de villages regroupés], discrète et souvent malmenée, par le passé. Concernant mon soutien à la communauté LGBT, il est permanent.

Quelle ont été, en particulier avec l’Enipse, votre rôle et votre implication en matière de santé tout au long de ces trente dernières années ?
Je suis en très bons termes avec l’Enipse, avec qui je me suis attelé à plusieurs actions dans mes établissements. J’ai été, par ailleurs, vice-président du Sneg [Syndicat national des entreprises gay] durant quelques années, afin que cette organisation parisienne ait une meilleure visibilité en province. J’ai été, à ce titre, l’un des tout premiers signataires de la charte de responsabilité. Enfin, je travaille depuis plus de vingt ans avec l’association Aides, par la mise à disposition d’un local au sein de mes établissements, afin d’effectuer des tests de dépistage rapide [un des tout premiers établissements en France]. Les commerces gays sont les seuls espaces de visibilité, présents dans la cité 365 jours par an, et permettent à des jeunes, en recherche d’acceptation d’eux-mêmes, de pouvoir vivre sans aucun jugement leur sexualité, leur orientation et leur genre. J’ai toujours été présent dans toutes les luttes LGBT [Pour le Mariage pour tous, il a financé toutes les affiches et tracts des associations LGBT Marseillaises et, au lendemain de l’Europride, il a été précurseur, avec quelques autres acteurs, pour lancer un manifeste d’unité afin de sauver la Pride Marseille].

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