Léo Fourrier : « Une communauté quelle qu’elle soit peut être dangereuse si elle se ferme sur elle-même »

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À seulement 23 ans, le jeune parisien, qui intègre en cette rentrée Science Po, frappe fort avec son premier roman Un incident mineur (ed. Gallimard). Narrant l’histoire d’un jeune gay déjà désabusé, se perdant dans les méandres d’une histoire d’amour aux conséquences ravageuses et d’une communauté potentiellement dangereuse, l’ouvrage démontrant la propension de l’auteur pour l’analyse froide et décapante ne laisse clairement pas insensible. Rencontre.

Propos recueillis par Gregory Ardois-Remaud

 

Comment tu définirais cet ouvrage ? Un roman d’apprentissage ?

Un roman réaliste plutôt que d’apprentissage ; hormis la perte des illusions, le personnage n’apprend pas grand-chose, tout courtisan qu’il soit par ailleurs [rires].

Sans raconter la fin, celle-ci donne l’impression d’un cercle vicieux duquel il est impossible de sortir, comme s’il n’y avait aucune échappatoire ?

Oui, aucune.

Ton personnage principal a seize ans et est déjà terriblement désabusé comme sa meilleure amie. La fameuse génération Z est-elle désabusée et perdue ?

Je ne me vois pas du tout en porte-parole de ma génération. Mais, compte tenu du bruit fait autour du suicide, de l’isolement etc., sans doute y a-t-il quelque chose de cet ordre, même si à un point où un autre, toute génération est une génération perdue.

Ton texte montre une communauté gay et le Marais [quartier gay de Paris] aux mœurs légères face aux drogues, au sexe… participant au rôle dans lequel ton personnage se fond. Finalement, la communauté gay est dangereuse ?
Non, ce serait un jugement moral à porter assez arbitraire. Une communauté, quelle qu’elle soit, peut être dangereuse quand elle se ferme sur elle-même, générant un conformisme au sein même de ce qui se voudrait une prétendue diversité.

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Crédits photos : Francesca Mantovani – Editions Gallimard