Cédric Roulliat, l’architecte du fantasme

Etonnant, interpellant, presque dérangeant, le travail de Cédric Roulliat nous a tout de suite frappé car les situations insolites de ces corps d’homme dans un univers épuré, crées un érotisme inhabituel...

Etonnant, interpellant, presque dérangeant, le travail de Cédric Roulliat nous a tout de suite frappé car les situations insolites de ces corps d’homme dans un univers épuré, crées un érotisme inhabituel et travaillé. Le modèle est magnifié, certes, mais le décor leché est souvent au premier plan, donnant à son travail une représentation très architecturale. Du coup ça change et ça fait du bien. Alors on le partage avec vous et on vous recommande de suivre cet artiste au talent très prometteur ! 

Propos recueillis par Christophe Soret 

Cédric, peux-tu te présenter à nos lecteurs et nous retracer plus particulièrement ton parcours de photographe

Après plusieurs années consacrées à l’écriture et illustration de BD, je suis venu à la photographie pour les mêmes raisons : raconter des histoires, mettre en scène des personnages. La différence majeure étant que je suis passé d’une pratique solitaire à un travail collaboratif. Depuis peu, je prolonge ce travail sur des scènes de théâtre. 

Normal Magazine présente ton travail en ces termes : « Cedric Roulliat à la volonté d’interpeller le spectateur, de la faire s’interroger et de l’emmener vers l’étrangeté » Comment qualifierais-tu ton travail et ce côté « étrange » de tes photos ou le corps passe presque souvent au deuxième plan ? 

Ce qui guide mon déclencheur (si je peux me permettre), c’est le rapport théâtral entre un corps et un décor, le hors champs, et un public invisible. C’est ce qui permet de faire surgir une émotion, qui peut être purement esthétique, ou bien liée à une narration plus spécifique. En contrepoint de l’étrangeté, il peut y avoir aussi une légèreté, une douce ironie. 

Qui sont tous les magnifiques garçons que tu immortalise ? Comment les rencontre tu ?? 

La plupart sont athlètes, danseurs ou comédiens. Ils ont en commun de comprendre l’aspect ludique d’une prise de vue leur permettant de devenir quelqu’un d’autre sur une scène éphémère. La prise de contact se fait généralement sur les réseaux sociaux. 

Peux-tu nous en dire un peu plus sur la surprenante photo des 5 hommes chiens ? 

J’en garde un souvenir très gai et aussi très gay ! Autour de la sublime Claire, les garçons se sont pliés avec une belle énergie à cet exercice un peu zinzin sur un trottoir opportunément désert. On était entre Game of Thrones (pour la robe gothique de Ludovic winterstan) et un reportage sur une dog-walkeuse du 16e.  

Peux-tu nous parler de ton rapport à la communauté LGBT ; je crois que tu as déjà eu plusieurs projets qui lui sont liés ? 

En effet j’avais illustré une campagne de sensibilisation contre l’homophobie au travail pour l’Autre Cercle il y a quelques années. Et l’une de mes toutes premières expos avait eu lieu dans un bar BDSM… Il y a un ADN gay dans la plupart de mes images, y compris celles mettant en scène des filles, c’est une question de regard porté sur les corps et d’identification. Mais mon but est paradoxalement d’arriver à toucher le public le plus universel possible.  

Y a-t-il un professionnel qui t’a guidé ou inspiré dans ton travail ? Avec quel matériel travaille-tu ? 

Beaucoup de professionnels m’ont guidé ou inspiré : les maîtres (Bourdin, Newton, Sherman, Mondino, Goude), des cinéastes (Hitchcock, Almodovar, Von Sternberg, Franju, De Palma) ou des illustrateurs (Viktor Kalvachev, Bill Sienkiewicz). Et le metteur en scène Camille Germser. 

J’utilise le Canon 5d mark IV, des torches Multiblitz et Profoto. 

+ D’INFOS 

Site internet : www.cedricroulliat.com 

Facebook https://www.facebook.com/cedric.roulliat 

Insta : https://www.instagram.com/cedric_roulliat_photography/ 

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