La Femme Garçon : Enora Malagré « Après le sketch homophobe dans « TPMP », j’avais honte de moi »

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À la lecture de son parcours, la Bretonne de 38 ans peut apparaître comme une énigme. Passée par les Cours Simon, le théâtre contemporain et Arte, c’est finalement aux côtés de l’animateur Cyril Hanouna, pendant huit ans, qu’elle se fera connaître du grand public dans le fameux « Touche pas à mon poste » [TPMP], avant de partir quand le tourbillon est devenu insupportable… Finalement, libre serait peut-être le qualificatif le plus adéquat pour cette éternelle révoltée à fleur de peau qui refuse de se taire, quand elle se sent à l’étroit ou que l’on piétine ses valeurs, quitte à être maintes fois conspuée par la bienséance des élites. Les « on dit », très peu pour celle qui assume sa gouaille, mais aussi ses erreurs et ses angoisses, dont elle se sert pour se dépasser tous les soirs sur la scène du Théâtre du Gymnase de Paris dans La Dame de Chez Maxim ou sur le plateau de « Bons baisers d’Europe », nouvelle émission de France 2 dans laquelle elle tient une chronique, tous les samedis, aux côtés de Stéphane Bern. Deux nouveaux défis surprenants de prime à bord, mais qui suivent une même logique, celle du plaisir, pour cette touche-à-tout qui révèle de nouvelles facettes, refusant de se soumettre à l’impératif des étiquettes. Rencontre sans filtre…

Par Gregory Ardois-Remaud

Déjà, comment vas-tu ?

Écoute, je vais hyper bien, même si j’ai ce trac qui ne me quitte pas [Énora a commencé les représentations de La Dame de chez Maxim au Théâtre du Gymnase]. Mais, cela faisait très longtemps que je n’avais pas été aussi épanouie. Je me rends compte que ça fait du bien d’être heureuse… [elle sourit].

 

Depuis ton départ de « Touche pas à mon poste » [C8], en mai 2017, tu t’es faite rare dans les médias. Qu’as-tu fait pendant tout ce temps ?
Je me suis mise au vert. J’ai voyagé dans des contrées assez lointaines pour me recentrer et me rapprocher de moi-même. J’aime beaucoup voyager seul avec mon petit sac à dos et ma petite boussole. Je fais ça depuis que j’ai vingt ans. J’ai aussi monté une application [la WTF, Women Trend Family] avec ma meilleure amie, Justine Fraioli, un média engagé et féminin.

Est-ce que tu as réussi à te retrouver après ces huit années de tourbillon médiatique ?
Complètement. Je t’avoue que les premiers mois, post-TPMP, ont été un peu dépressifs. J’étais dans un gouffre, je faisais plein de choses et, du jour au lendemain, je n’avais plus rien à faire. Je me suis posé plein de questions : pourquoi j’étais là, est-ce que j’allais encore intéresser les gens. Je suis ressortie de tout ça vraiment perdue. Les voyages m’ont permis de me retrouver et de me reconnecter à la vraie vie.

Y avait-il, dans cette absence, la volonté de se refaire une virginité médiatique pour faire oublier la chroniqueuse d’Hanouna ?
Non, je ne suis pas du tout calculatrice. J’en avais juste besoin. J’étais malheureuse, je suffoquais. J’ai été, pendant huit ans, dans une émission très regardée et j’avais un personnage très clivant. Dès que je disais une phrase, c’était repris partout et déformé parfois… À un moment, je me suis sentie épuisée par tout ça. Je voulais gagner ma vie en faisant quelque chose que j’aimais bien, entre journaliste et animatrice, mais je n’avais pas du tout signé pour être dans l’œil du viseur en permanence.

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Crédit photo couverture : Arno Lam