Dossier seniors LGBT – Quand les seniors font leur révolution sexuelle

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Dans le nouveau numéro de Garçon Magazine, nous avons  consacré un dossier entier au vieillir gay. Que ce soit à travers le prisme du logement ou de la sexualité, nous avons rencontré des engagés qui se battent contre les préjugés. C’est le cas, notamment, de Francis Carrier, président de l’association Grey Pride, qui a lancé une campagne à destination des LGBT pour montrer que désir et plaisir n’ont pas d’âge. Et s’il était temps, pour les cheveux gris, de vivre une seconde jeunesse ?

Par Gregory Ardois-Remaud et Nicolas Maille

Francis Carrier

Les sept photos de #RevolutionSenior déclinent les positions du Kâma Sutra de manière décomplexée, colorée et euphorisante. Petite originalité : tous les modèles qui y participent sont des seniors, pour la plupart LGBT, et ont clairement l’air de prendre leur pied ! «Le meilleur moyen de faire comprendre que les seniors sont comme tout le monde, c’est de parler sexualité. Ils baisent, ils sont heureux, ils peuvent avoir du plaisir comme nous. Il n’y a donc aucune raison de les regarder différemment.», explique Francis Carrier à l’origine de ce projet. En s’attaquant au double tabou des seniors LGBT et du sexe, cette campagne vise à remplir le trou sidéral laissé par l’absence de modèles de vie pour les gays qui ont passé la soixantaine. Car, hormis quelques documentaires ou projets photos à la gloire des silver daddies, la vieillesse est aux abonnés absents dès qu’il s’agit d’hédonisme.

 

Elle est bien loin cette révolution de mai 1968 où chacun pouvait jouir de son corps quel qu’il soit. Aujourd’hui, la société marchande a marketé les physiques pour les transformer en objets sexuels normés où le jeunisme est érigé en valeur suprême. Et ce n’est pas la communauté gay, peu solidaire envers ses aînés, qui dira le contraire. Passé la trentaine, qui n’a pas déjà été considéré comme «trop vieux» par un minet potentiel ? « Une pratique d’exclusion perdure, entre ceux qui ne veulent que des jeunes et les jeunes qui ne veulent pas qu’un vieux les aborde… Et, quand on est séropositif, ça vient augmenter les difficultés. À 35 ans, on s’en remet. À 45, un peu moins et ça ne va pas en s’arrangeant», continue Francis Carrier. Mis à l’écart, invisibilisés, beaucoup se résignent à ne plus avoir de rapports charnels. «Ils “ferment boutique” comme le disait Jane Fonda ou alors font appel à des services sexuels mais n’en parlent pas. Les vieux sont des objets de soin et non de désir. Passé soixante ans, tu n’es plus censé avoir d’envies sexuelles, sinon tu es considéré comme un pervers ». […]

Retrouvez la suite de l’article et du dossier dans le nouveau numéro de Garçon Magazine disponible chez votre marchand de journaux.

Crédit photo : image de la campagne « Revolution Senior »