Dossier Chemsex – Rencontre avec Luc, un ancien usager : « Il n’y avait pas une seule fois où l’on faisait l’amour sans prendre de produits »

Bientôt un an, maintenant, que ce Toulousain travaillant dans l’hôtellerie n’a plus recouru au chemsex. Une pratique occasionnelle jusqu’au jour où il rencontre l’amour de sa vie. Dans le...

Bientôt un an, maintenant, que ce Toulousain travaillant dans l’hôtellerie n’a plus recouru au chemsex. Une pratique occasionnelle jusqu’au jour où il rencontre l’amour de sa vie. Dans le cadre de notre dossier spécial chemsex que vous pouvez lire dans le nouveau numéro de Garçon Magazine, il nous raconte son expérience.

Propos recueillis par Gregory Ardois-Remaud

Racontez-nous comment vous en êtes venu au chemsex ?
Je l’ai connu, de manière récréative, lors de soirées. À Toulouse, il n’y a pas si longtemps que ça, il y avait plusieurs boîtes gays qui ont fermé depuis. Résultat: la communauté gay est devenue très restreinte et s’est retrouvée sur des applications à faire des plans rapides. Je suis devenu célibataire en janvier 2016 et je suis sorti avec plusieurs garçons. J’en ai rencontré un, parmi tant d’autres à l’époque de mon célibat, séduisant et qui était fan de fist. Il m’avait dit qu’il prenait du GHB, de la 3 MC, 4 MC, ou de la MD et nous en avons pris pour que je le fiste. C’est par le biais du fist que l’on s’est mis à prendre ces produits, car il voulait m’y initier. Devenu un garçon assez libre, j’allais dans des partouzes qui étaient organisées par le biais d’applications facilement accessibles.

Et puis, vous avez rencontré celui que vous appelez «l’amour de ma vie» et vous êtes passé à la vitesse supérieure…
Oui, on est sortis ensemble pendant dix mois et on a été fou amoureux. Il se faisait livrer des produits. Il était branché fist au point qu’avant la fin de notre relation, il n’y avait pas une seule fois où l’on faisait l’amour sans prendre de produits. Comme j’étais amoureux, je n’ai pas plongé qu’une seule narine, mais les deux.

Un jour, il m’a dit : « C’est la merde, j’ai 300 € pour finir le mois, comment je vais faire ? » Le lendemain, il commandait pour 450 euros de produits.

Quelles conséquences ça a eues sur votre couple ?
Je travaillais. Lui avait arrêté par rapport à un état dépressif, assez important, due à une autre maladie et traînait à la maison. Je me disais qu’entre nos rapports, et les week-ends où on allait à des partouzes, ça irait. Mais, je me suis rendu compte qu’il avait, au moins, 25 partenaires sexuels par mois.

À chaque fois que vous aviez des rapports avec votre compagnon, ou faisiez des partouzes, il y avait forcément du chemsex ?
Oui, il y en avait forcément. J’ai voulu le ramener à quelque chose de raisonnable mais, très vite, il y a eu la tentation, le pochon, la bombonne de GHB et le téléphone qui ne cessait pas de sonner en raison des notifications puisqu’il avait allumé toute la ville pendant mon absence vu que je travaillais tard.

Comment la relation a-t-elle évoluée ?
Tout devenait de plus en plus permissif et les pratiques de plus en plus dégradantes. On allait de plus en plus loin, dans la quantité et dans ce qu’on pouvait se permettre. Je voyais que mon copain partait plus dans du trash. Il n’y avait plus ce moment où vous êtes en train de capter le plaisir de l’autre. Lui était sur son oreiller avec son poppers, il avait sa montée et c’est tout. Il n’avait pas de plaisir purement sexuel, mais la capacité de se dissocier complètement. Ça allait de pire en pire et un jour il m’a dit : « C’est la merde, j’ai 300 € pour finir le mois, comment je vais faire ? » Le lendemain, il commandait pour 450 euros de produits. […]

Retrouvez la suite de l’interview et notre dossier sur le chemsex dans le nouveau numéro de Garçon Magazine disponible chez votre marchand de journaux.

Grégory Ardois-Remaud

Nantais d’origine, le jeune journaliste est un passionné avant tout qui aime s’évader dans le jardinage ou la littérature. Son talent caché ? Il connaît la bio de Louis de Funès sur le bout des doigts.

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