Portfolio : Jean Ranobrac, le photographe tout en couleurs des drag-queens

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C’est au cours d’une soirée, entouré de jeunes et fraîches créatures, que nous avons rencontré Jean. Il orchestrait, de main de maître, un shooting où il immortalisait cinq jeunes drag-queens toutes plus irréelles les unes que les autres. Les couleurs, les tenues, les attitudes, tout donnait envie de participer à cette séance photo. C’est donc tout naturellement que nous avons voulu mettre en avant ce jeune artiste plein de talent à travers ce portfolio haut en couleur ! Immersion dans un univers que vous ne verrez pas tous les jours mais qui vaut assurément le détour.

Propos recueillis par Christophe SORET

Jean Ranobrac (à gauche) – @cookie_kunty & @thearseniek & @humbertofmf (à droite)

Jean, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?
Avec un appareil autour du cou depuis bientôt presque dix ans, j’ai suivi le cursus d’un BTS photo puis intégré la prestigieuse école des Gobelins où je termine actuellement ma dernière année. On peut dire que je suis photographe professionnel depuis quatre ans, date à laquelle j’ai été en mesure de facturer mes clients.

Peux-tu nous parler de ton projet photographique qui est largement axé autour de ces jeunes «créatures» ?
J’immortalise les corps et les fêtes. Les moments volés et les tenues les plus travaillées. Je perfectionne chaque cliché comme un tableau. J’aime jouer entre l’innocence et l’érotisme. Dans mes photos, je ne crains ni l’absurde ni le trop-plein de couleurs. Fasciné par les drag-queens, drag-kings, les club-kids et l’univers ultra-artistique que ces créatures apportent, c’est un véritable honneur de fixer dans le temps leurs créations éphémères. J’évolue à leurs côtés et travaille avec eux pour qu’ils/elles puissent avoir la reconnaissance qu’ils/elles méritent. J’ai néanmoins conscience de n’être qu’une petite partie d’un processus global.

 

@veronika_von_lear (à gauche) – @alicepsycho (à droite)

Qui sont ces modèles, à l’univers si particulier, qui donne une esthétique si spécifique ? Où peut-on les voir à Paris ou en région ?
Étonnamment, les personnes sous les maquillages viennent d’horizons très variés. Professeurs d’université, banquiers, garagistes, graphistes, maquilleurs… Autant de profils qui façonnent des personnalités et des esthétiques multiples, ce qui permet à ces créatures d’apporter une énergie et une contribution particulière au milieu dans lequel nous évoluons. Pour Paris, on peut les croiser principalement dans les clubs, dans des soirées comme la Kindergarten, la Klubkid par excellence au Petit Bain, ou la Gang-Bambi, soirée drag-queen à la Java. Mais on peut les croiser également dans des afterwork tels que la Jeudi Barré, la Clash of Tata ou encore l’Extravag’Enza. Par-delà le périphérique, les créatures ont aussi leur dynamique, comme à Lyon avec les Dragones. On voit aussi émerger des groupes talentueux(euses) dans des grandes villes, comme à Toulouse, à Montpellier..

@heavenxraphael (à gauche) – @thearseniek et @humbertofmf (à droite)

Retrouvez + de photos et la suite de l’interview dans le nouveau numéro de Garçon Magazine disponible en kiosque.

Crédit photos : Jean Ranobrac / www.ranobrac.com