Rencontre avec Jefferey Jordan

" C'est un spectacle sur la différence. C'est une valeur que je veux défendre "

On a souvent tendance à définir de façon systématique le one-man-show comme un simple spectacle d’humour où l’artiste se contente d’enchaîner les blagues, parfois lourdes, dans des sketchs traitant différentes thématiques sans réel lien entre elles. C’est oublier un peu vite que le seul en scène, ça peut également être une écriture, de la finesse, voire de la poésie, où la séduction se mêle à la musique… et à un violon. Depuis huit ans maintenant, Jefferey Jordan renouvelle les codes du genre avec son spectacle singulier, Accord parfait, désormais mis en scène par Claudia Tagbo à la Comédie des Trois Bornes.  Précoce, exigeant et ambitieux, ce jeune auvergnat de 27 ans est l’un des espoirs de la nouvelle scène humoristique. Nous l’avons rencontré pour un entretien, à l’image de son spectacle, sans fausse note.

Propos recueillis par Grégory ARDOIS-REMAUD

Quand on regarde ton parcours, on apprend que tu es rentré au conservatoire de musique classique à l’âge de 6 ans. Pourquoi si tôt ?
C’était essentiel, dans ma famille, d’avoir une éducation musicale car ça impose une exigence et une rigueur. Mon grand-père était musicien et il me faisait donc répéter mes devoirs de solfège.

Deux ans plus tard, tu rencontres ton premier violon. Comment est née cette passion amoureuse pour cet instrument ?
Je l’ai choisi car ce n’est pas le plus facile. À l’origine, c’était un défi, car j’ai toujours aimé le challenge et je veux toujours aller vers ce que je ne connais pas. Puis c’est devenu une passion.

Et l’humour est arrivé quand ?
Vers 14 ans, quand j’ai découvert Muriel Robin. J’adorais sa musicalité. Et puis, quand j’étais petit, ma mère regardait Virginie Lemoine et Laurent Gerra parodier « L’École des fans », dans Studio Gabriel avec Michel Drucker. J’ai été biberonné à ça…

Qu’est-ce qui a déclenché l’écriture de tes premiers sketchs à 15 ans ?
J’étais dans un cursus littéraire dans mon lycée d’Auvergne et c’est là que tout a commencé. Je m’inspirais de la musicalité de Muriel Robin en calquant son rythme, son flegme, son flow, l’exigence de sa musique, pour écrire mes propres histoires. À l’époque, je n’y avais pas encore intégré mon violon

Et tu finis par te lancer, à seulement 19 ans, dans ce domaine ?
Oui, j’y suis allé au culot. J’ai loué une salle de 200 places, pour voir si ça pouvait marcher… et c’était plein. Les gens me connaissaient un peu parce qu’à l’époque je faisais des vidéos sur YouTube. Ce n’était pas terrible, mais ça a fait parler de moi. Je me suis rendu compte de l’exigence de ce métier. Puis j’ai intégré le violon à mon spectacle. […]

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Crédit photo de couverture : Jordan Deal

Grégory Ardois-Remaud

Nantais d’origine, le jeune journaliste est un passionné avant tout qui aime s’évader dans le jardinage ou la littérature. Son talent caché ? Il connaît la bio de Louis de Funès sur le bout des doigts.

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