Berlin, capitale du queer ?

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« Berlin m’appelle ! » chantait Christophe Willem. Et on le comprend. À deux heures de Paris, cette ville peut vite devenir addictive ! Voici quelques-uns de nos bons plans et lieux préférés !

Par Julien Calza

Berlin est clairement la ville où le sens du mot « queer » prend tout sens avec une communauté LGBT, très dynamique, qui n’a pas peur de se mélanger… dans tous les sens du terme. Et ce,depuis très longtemps. Comme l’a dépeint Christopher Isherwood dans Adieu à Berlin, roman qui inspira la comédie musicale Cabaret, le Berlin des années 1920 était déjà le carrefour européen d’une contre-culture interlope. L’avènement du nazisme a bien entendu compromis ces élans de liberté [un mémorial aux homosexuels persécutés a d’ailleurs été érigé en 2008]. Mais une fois la guerre terminée, Berlin a retrouvé peu à peu ses fondamentaux gay-friendly, d’abord à l’Ouest puis à l’Est, après la chute du mur. Une fierté revendiquée dans des événements d’envergure, à l’image de la Berlinale [l’équivalent de Cannes chez nous] qui a créé, en 1987, les Teddy Awards afin de récompenser les meilleurs films traitant de l’homosexualité.

Berlin est aussi l’une des rares villes européennes à avoir un musée et centre d’archives LGBT digne de ce nom : le « Schwules Museum » [Schwul signifie gay en allemand]. Ouvert en 1985, il s’est déplacé en 2013 de Kreuzberg à Tiergarten et a gagné de spacieux espaces d’exposition. En 2015, l’établissement s’est même associé avec le prestigieux Deutsches Historisches Museum pour Homo Sexualität_en, une passionnante rétrospective sur l’histoire de l’homosexualité en Allemagne. Quant aux amateurs de glamour et de divas, ils pourront aller faire un tour au Musée du cinéma admirer les robes portées par Marlene Dietrich !

POUR TOUTES LES BOURSES

L’avantage numéro 1 de Berlin, c’est que la ville est accessible à toutes les bourses. Avec des vols aller-retour à moins de 100 euros, on peut se faire un petit weekend sympa sans avoir à casser sa tirelire. Idem pour les logements souvent spacieux, propres et avec un rapport qualité/prix imbattable [idéal pour les voyageurs solos qui veulent s’offrir un peu de confort]. Pour ma part, j’ai tendance à choisir l’hôtel près de mes lieux de sortie nocturne afin de ne pas avoir à galérer pour rentrer. Il faut reconnaître que Schöneberg, le quartier gay historique, a perdu de sa superbe, rattrapé par la gentrification et de nouveaux lieux de sorties LGBT du côté de Kreuzberg ou de Prenzlauer Berg. On pense au cabaret queer Chantals House of Shame, chaque jeudi, ou encore au bar de quartier Ficken 3 000 dont la backroom ne désemplit pas en fin de nuit. Mais pour un week-end, Schöneberg reste quand même une valeur sûre, avec quantité de bars et sex-clubs historiques [pensez à prendre vos capotes, tous les établissements n’en ont pas toujours en libre-service]. C’est aussi dans ce quartier que vous trouverez les principales boutiques fetish pour préparer votre look du soir. Plusieurs fois dans l’année, Schöneberg bloque ses rues à la circulation pour des événements à ciel ouvert comme la Stadt Fest [en juillet] ou la célèbre Folsom [début septembre] qui réunit, comme à San Francisco, les fans de cuir. […]

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