SOS Homophobie dévoile son rapport annuel : une année noire.

L’année 2019 marque les 25 ans de SOS homophobie, qui dévoile aujourd’hui son Rapport sur l’Homophobie. Le ton est donné d’emblée : 2018 est une année noire pour les personnes LGBT+...

L’année 2019 marque les 25 ans de SOS homophobie, qui dévoile aujourd’hui son Rapport sur l’Homophobie. Le ton est donné d’emblée : 2018 est une année noire pour les personnes LGBT+ avec plus de 15% de témoignages de victimes, enregistrés au cours de cette année par rapport à la précédente. Ce qui correspond à 1905 témoignages !

C’est surtout les actes de lesbophobie qui sont en très grande hausse (42%) comme une suite « logique » aux épisodes #balancetonporc et #metoo qui libèrent la parole des femmes. Jusqu’à présent, les hommes témoignaient beaucoup plus souvent que les femmes (66% contre 21%).

Plus grave encore, le nombre d’agression physique LGBTphobes a connu une augmentation de 66%. Ce qui dénonce une violence toujours plus grande envers les personnes à la sexualité différente de la « norme ».

« Un simple baiser, un geste d’affection dans la rue, peuvent susciter des violences »

SOS Homophobie souligne un aspect très important :

Dans un pays où les avancées législatives sont plutôt importantes, des gestes du quotidien pour un couple homosexuel peuvent être souvent source de problèmes. Un simple baiser, un geste d’affection dans la rue, peuvent susciter des violences, qu’elles soient verbales ou physiques. Ceci n’est pourtant qu’un geste tout à fait banal pour un couple hétérosexuel, mais qui reste proscris chez les homosexuels, alors qu’ils ont pourtant maintenant autant le droit de se marier, donc d’exister en tant que couple.

 

« J’en veux aux footballeurs qui se cachent » Yoann Lemaire, footballeur professionnel, qui se bat contre l’homophobie en milieu sportif.

Il est également question du sport dans cet état d’homophobie, et c’est le foot qui remporte la palme des propos haineux. D’ailleurs, d’après le rapport, plus de 23% des personnes pratiquant le football considèrent l’homosexualité inacceptable, ce qui correspond à 5 points de plus que la moyenne nationale qui est quand même de 18%. Du côté des spectateurs, ils sont 1/3 à admettent tenir des propos gayphobes tels que « PD », « tarlouze » ou « tapette » devant un match. Une statistique qui augmente jusqu’à 58% des personnes lorsqu’elles pratiquent le foot.

Un constat alarmant, qui est d’ailleurs le combat de Yoann Lemaire, footballeur et gay, qui a déjà publié un livre Je suis le seul joueur de foot homo, enfin j’étais …

Un reportage sera diffusé ce soir mardi 14 Mai sur France 2, à 23h35, où il dresse ce constat. Le moyen également de parler de son association Foot Ensemble, qui permet aux joueurs homosexuels de pratiquer ce sport sans crainte de discrimination. Une action utile, quand on sait que dans les études menées auprès des clubs de sports masculins, seulement 0 à 1% des sportifs se déclarent gays.

 

L’association dresse donc un bilan assez sombre, bourré de témoignages parfois très durs et rappel également tous les droits français dont peuvent se servir les LGBT+ pour se défendre devant ces agressions ou actes homophobes. La liste est longue, ce qui est donc soulageant, tout autant qu’affolant !

 

Retrouvez ici le rapport de SOS Homophobie

 

 

Damien Guignard

Passionné de musique, de théâtre, de littérature et de culture de manière générale, j'aime rester à l'affut des nouveautés musicales, mais aussi des droits LGBT.
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