Des militants Séropositifs trainés en justice par Act Up-Paris 

ACTU

Quelle ne fût pas notre surprise d’apprendre que l’équipe dirigeante d’Act Up-Paris, attaque en justice l’association Les ActupienNEs !
La raison : La dénomination de leur association serait trop proche du nom « Act Up-Paris ».

Eh bien oui il y a un rapport puisque les ActupienNEs sont des anciens militants d’Act Up-Paris poussés à partir sous la pression de la nouvelle équipe. Des militants majoritairement séropositifs qui voulaient néanmoins continuer leur action de lutte contre le VIH et qui, ayant largement contribués à l’histoire de l’association, veulent garder l’esprit de celle-ci dans leur nouvelle aventure.

La cause ne serait-elle pas commune ? Plusieurs associations ne peuvent-elles pas se revendiquer de la grande histoire d’ACTUP ? Nos efforts conjugués ne nous rendent-ils pas plus forts face à l’éradication de la maladie ?

Et bien NON semble-t-il pour Act Up-Paris, qui aurait réservé 15.000 euros pour attaquer en justice Les ActupienNEs. Des moyens démesurés, sans même tenter une conciliation (des mises en demeure sous forme de fin de non-recevoir ont été reçues l’été dernier par les ActupienNEs), pour détruire une petite association qui elle, milite tous les jours afin de nous rappeler que le Sida est bien là ! Une procédure en justice qui oblige les ActupienNEs à trouver les milliers d’euros pour financer les futurs frais de procédure que cette défense va entrainer bien que leur avocate Sophie Viaris (associée du cabinet Pierrat-De Sèze) ait proposé de les défendre pro bono.

Ou sont nos priorités ?? Act Up-Paris aurait-elle perdu la raison et oublié ses priorités ?? Il semblerait que oui…

Pour mieux comprendre cette aberration, nous avons voulu donner la parole à Romain, président des ActupienNEs, 41 ans et séropo depuis presque 20 ans, afin de nous rappeler les faits sans rentrer dans le détail d’une procédure qui sera jugée dans plusieurs mois.

Comment et pour quelles raisons l’association les ActupienNEs s’est-elle créée ? 

Je vais parler de ce que j’ai vu et vécu uniquement : Je suis arrivé à Act Up-Paris en janvier 2018. J’avais eu une chirurgie cardiaque en octobre 2017, j’étais convalescent et je voulais me ré-engager dans la lutte contre le VIH. Mes problèmes de santé étant liés à mon statut sérologique, j’ai voulu renouer avec mon passé militant et mettre le temps que j’avais de disponible à disposition de la cause.

Je suis donc arrivé dans une réunion hebdomadaire (RH) d’Act Up-Paris et j’ai été saisi par le climat de tensions qui régnait dans cet amphithéâtre des Beaux-Arts. Invectives, agressions verbales et défiance envers les membres du conseil d’administration en place. Je ne connaissais presque personne à part quelques militants croisés depuis de nombreuses années dans le milieu associatif et/ou le milieu LGBT parisien.

Voulant militer et pas juste vociférer en RH, je me suis naturellement rapproché des activistes qui tenaient à bout de bras les dossiers de l’association soit le CA en place. Je les ai vus acculés de toute part, accusés violemment et mis à mal par des adhérents qui voulaient en découdre coûte que coûte pour des histoires éloignées de la lutte contre le VIH.

Beaucoup de mensonges et de manipulations ont été propagés notamment sur les réseaux sociaux où l’on trouve tout et n’importe quoi. Une militante d’Act Up-Paris m’a même qualifié de « facho » sur Facebook (rires ! ), c’est vraiment méconnaître d’où je viens et mes engagements politiques. En tout cas, ils ont eu leur peau et le CA sortant a démissionné. Les violences et les intimidations étaient telles qu’à l’élection du nouveau CA le 30 mars 2018, choqués, nous nous sommes réfugiés chez moi…

Les violences et les intimidations étaient telles qu’à l’élection du nouveau CA le 30 mars 2018, choqués, nous nous sommes réfugiés chez moi…

Quelques dix jours plus tard, ne voulant pas arrêter de militer contre le VIH, nous avons créé Les ActupienNEs ce qui a cristallisé encore plus violemment la haine de certains contres nous. Beaucoup de ces hostilités se trouvent sur les réseaux sociaux, lieu où la diffamation, les injures et les affabulations sont reines ! Même de nouvelles personnes que nous n’avons jamais croisé et avec lesquelles nous avons encore moins discuté s’en donnent à cœur-joie ! Mais nous avons décidé de ne jamais y répondre et de ne pas porter plainte car la judiciarisation n’est pas vraiment dans notre ADN (ni dans celui du mouvement ACTUP normalement d’ailleurs).

Pourquoi avoir choisi ce nom des ActupienNEs ? Le nom ACT UP n’est-il pas, par son histoire, et les paroles de ses créateurs, un terme dont tous peuvent s’emparer pour lutter contre le Sida ??

Effectivement le nom nous est apparu comme une évidence vu le passé de ces militants chassés d’Act Up-Paris. Il y avait une volonté de bilan du travail fourni par ces activistes qui avaient consacré tant d’heures à se battre pour la prévention et contre la stigmatisation du VIH et des séropos. En lisant la littérature sur l’histoire des ACT UP à travers le monde et en France, il était toujours certain que nous nous sentions dans ce mouvement.

ACT UP est un concept (Aids Coalition To Unleash Power), et nous nous revendiquons toujours en 2019 de cette idée

ACT UP est un concept (Aids Coalition To Unleash Power), et nous nous revendiquons toujours en 2019 de cette idée, c’est pour cela que nous l’avons indiqué dans notre nom et notre logo mais nous les avons voulus suffisamment éloignés de notre précédente association afin qu’il n’y ait aucune confusion. Et pour nous « actupiennes », c’était mettre en avant les personnes concernées et leurs problématiques liées au VIH.

Quelles sont vos principales missions ?

Je ne vais pas être très original car malheureusement les situations n’évoluent que trop peu ces dernières années : remettre en avant la prévention abandonnée par l’État depuis tant d’années, s’en remettant aux associations dont les financements sont en baisse et les moyens pour agir se dégradent.

Et travailler sur la vie réelle des séropos et leurs besoins en élaborant des plaidoyers que nous relayons auprès des personnes vivant avec le VIH, du grand public, des autres associations et des institutions concernées. Nous recevons aussi les personnes concernées une fois par semaine au « rendez-vous social des séropos » où nous les aidons concrètement dans leurs démarches administratives. La première génération de séropos est vieillissante et il est grand temps de les prendre en considération. Il y a tellement de précarité chez les séropos de tout âge, qu’il nous appartient de nous demander pourquoi et d’agir.

Il y a tellement de précarité chez les séropos de tout âge, qu’il nous appartient de nous demander pourquoi et d’agir.

Pouvez-vous nous détailler les éléments sur lesquels Act Up-Paris vous attaque ?

Ils nous attaquent sur une « dimension commerciale ». Ils introduisent un aspect mercantile entre associations qui nous paraît dangereux. Contrefaçon de marques, atteinte à la dénomination sociale et au nom commercial ainsi qu’en concurrence déloyale et parasitisme, voilà les termes exacts de l’assignation que Me Viaris a reçue.

Bizarrement les mensonges qu’ils ont propagé lors de notre départ comme le « vol de documents » ou des supposées « malversations financières » sont évidemment absents de l’assignation puisque totalement inventés.

 

Qu’elles vont être les conséquences et les risques de la procédure juridique d’Act Up-Paris sur votre association ?

Déjà créer un précédent quant aux notions de commerce pour des associations à but non lucratif, c’est un terrain dangereux je pense. Deuxièmement, affaiblir des malades qui ne veulent que lutter contre cette saleté de maladie et ses conséquences sans hiérarchiser les personnes vivant avec le virus ou exposées. Enfin, tuer une association qui, en une année, a un bilan dont nous pouvons être fiers. Vraiment je félicite tous les militants des ActupienNEs pour cela.

 

N’y a-t-il jamais eu le simple souhait qu’Act Up-Paris fasse une conciliation pour préserver le militantisme de tous ?

En aucune façon ! La mise en demeure qui nous a été envoyée l’été dernier n’était en rien une main tendue vers une conciliation mais la première étape de la judiciarisation de nos rapports mutuels. Aussi, ils ne s’expriment que par invectives, propos dégradants et/ou violents envers les personnes. Comment voulez-vous discuter avec eux. C’est mission impossible et nous préférons mettre notre énergie dans la lutte contre le VIH/ Sida.

 

Sachant qu’Act Up-Paris fonctionne avec l’argent des donateurs, qu’est-ce que cela vous inspire ?

Ils ont voté un budget de 15 000 € lors de leur réunion publique du 4 octobre 2018 pour nous poursuivre. Donc ce que ça m’inspire ? C’est de l’argent qui n’ira pas à lutte contre le VIH ni pour aider des personnes vivant avec le VIH. Voilà ce je peux dire… C’est beaucoup d’argent pour harceler des malades, non ?! Et c’est plus du double de notre budget 2018 ! Quel gâchis d’argent, d’énergie et de confiance pour les donateurs !

C’est beaucoup d’argent pour harceler des malades, non ?! Et c’est plus du double de notre budget 2018 ! Quel gâchis d’argent, d’énergie et de confiance pour les donateurs !

Mais nous restons concentrés sur nos combats, nos plaidoyers et nos projets en cours tant au niveau national, notamment avec notre antenne de Bergerac, qu’à l’international. Pour ce qui est de la procédure, nous demeurons confiants et combattifs.

[10 actions entreprises par les ActupienNEs en 2018

Ostéoporose & VIH

Sport sur ordonnance

La baisse des APL dans le parc social

Aide Médicale d’Etat

Gay Games Athletes Memorial

CandlelightDay 2018 : la mémoire ne doit pas défaillir

Campagne autour du 1er décembre : Non, le Sida n’est pas une maladie chronique !

Vieillir avec le VIH

RDV social des séropos

Prévention en direction des lycéenNEs et des étudiantEs

Le rapport d’activité complet à consulter ici !

 

Il nous a été impossible de comparer avec le rapport d’activité d’Actup Paris car nous ne l’avons pas trouvé sur leur site.

Christophe SORET 

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