Le livre de la semaine : « Croque-Messieurs » de Philippe Cassand

En mars 2019, Philippe Cassand publie une nouvelle édition pour son roman policier, « Croque-Messieurs”. Plus visuelle et significative, la couverture incarne l’essence même de l’histoire, d’un personnage plus attirant...

En mars 2019, Philippe Cassand publie une nouvelle édition pour son roman policier, « Croque-Messieurs”. Plus visuelle et significative, la couverture incarne l’essence même de l’histoire, d’un personnage plus attirant et plus sombre encore, « portrait type de l’anti-héros ». Une manière de se plonger à nouveau dans cet ouvrage, dont Philippe Cassand a décidé d’en dévoiler les coulisses.

Qui est Philippe Cassand ?

Je suis un auteur ouvertement gay et j’écris des romans et pièces de théâtre dans cette thématique, depuis mes débuts. Je souhaite permettre au lectorat gay et lesbien d’accéder à des ouvrages à vocation populaire. Les LGBT+ ont aussi le droit à des livres qui parlent d’eux et dont ils sont les héros.

Pourquoi « Croque-Messieurs” ?

Ce titre opère un double clin d’œil au théâtre et à la communauté LGBT. Le premier s’inspire de la pièce des années 1960, « Croque-Monsieur » et son icône des grands théâtres parisiens, Jacqueline Maillan. Le second est le mode de vie gay, le monde de la nuit et l’appétit sexuel qui en découle.

D’où vous est venue l’idée de cette histoire ?

Cette histoire est la parfaite combinaison de mes centres d’intérêts de mes angoisses, de mes goûts secrets et de mes fantasmes.

Comment avez-vous choisi les noms des personnages et lieux ?

Les lieux et les noms sont imaginaires et j’ai pris soin de vérifier qu’ils n’existent pas ou n’aient aucune ressemblance avec l’histoire.

Les personnages sont parfois banals, parfois cocasses, parfois signifiants. Ils sont les « Colonel Moutarde » et « Docteur Olive » d’un roman gay, auquel peut facilement s’intégrer un « Ludovic Labite ».

Avec « Croque-Messieurs », vous vous appropriez les codes du genre policier, auquel se mêle la thématique LGBT+ ? En quoi est-ce important pour vous ?

Le roman policier représente l’énigme de la vie. Tout s’éclaire à la fin, comme après un long travail psychanalytique. Ensuite, un roman gay a une vocation universelle. Toute histoire humaine intéresse tous les êtres humains.

Avec les portraits-type de personnages gay, avez-vous cherché à assurer la représentativité de la communauté LGBT+ ?

Non. J’ai voulu mettre en scène des personnages originaux mais pas représentatifs, même si certains peuvent s’y reconnaître. Ce sont des caricatures acerbes, comme j’aime en introduire dans chacun de mes romans, auxquelles s’imprègne un peu de ma tendresse personnelle.

“Croque-Messieurs” se différencie-t-il de vos précédents ouvrages ?

C’est un livre où je me dévoile plus que dans mes autres ouvrages, à coeur ouvert. Mes angoisses et mes fantasmes y sont nettement exacerbés.

Est-ce le meilleur ouvrage que vous ayez écrit ?

« Le meilleur ouvrage que j’ai écrit c’est le prochain ! », aurait pu répondre Oscar Wilde, en son temps. Toutefois, j’ai une tendresse particulière pour “Série Black”.

Des œuvres ou des auteurs vous ont-ils inspiré ?

J’ai beaucoup lu les grands auteurs de la littérature, Conan Doyle, Agatha Christie, Simenon. Je me suis modestement engouffré dans la petite brèche qu’ils ont laissée ouverte : il n’ont pas du tout ou très peu décrit des personnages gays, des intrigues ou des problématiques gays.

Finalement, quel message se cache derrière “Croque Messieurs” ?

Si vous réalisez vos fantasmes, ils deviennent des expériences et certaines sont douloureuses.

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