La femme garçon du mois : UNIQUE RÉGINE

C’est un épisode de la Femme Garçon un peu spécial que je vous propose dans ce numéro. Plutôt qu’un simple jeu de questions réponses qui s’enchainent, je souhaiterais vous...

C’est un épisode de la Femme Garçon un peu spécial que je vous propose dans ce numéro. Plutôt qu’un simple jeu de questions réponses qui s’enchainent, je souhaiterais vous raconter une histoire. Celle de Régine. Une Régine de presque 90 ans que j’ai eu la chance de rencontrer. D’abord lors d’un déjeuner au restaurant, afin qu’elle se familiarise avec ma présence, ensuite chez elle. Dans une décoration unique, avec des dizaines et des dizaines de bibelots, de photos retraçant une vie riche et remplie, des tableaux d’elle, des tonnes de livres, un grand miroir et de nombreuses lampes, diffusant une lumière tamisée, c’est là que Régine a parlé. Elle a raconté une partie de son histoire, prenant parfois de longues minutes avant d’enchainer avec une autre phrase, comme si un souvenir se battait avec un autre pour jaillir en premier. 

Un article de Damien Guignard

« J’ai toujours eu des gays autour de moi et bien avant d’être connue ou d’avoir des boites de nuit. »  

« Tiens, regarde, c’est des dessins d’une revue que j’aurais dû mettre en scène avec Michel Sardou. Ca fait tellement longtemps que je ne l’ai pas vu ! » 

Commentant chaque illustration, Régine se laisse aller à quelques confidences. Elle avoue même « Je n’aime pas du tout les interviews ! »  

Lorsque je lui demande si c’était important pour elle d’avoir écrit ces nombreux livres sur ses mémoires, elle me répond :   

« J’ai 90 ans bientôt, j’ai vu les plus belles choses et les choses les plus effrayantes. J’ai connu la guerre, j’ai connu la vie de nuit, j’ai connu les paillettes mais aussi la misère. Avec mes livres, je voulais que mes petits-enfants sachent ce que j’ai vécu. J’ai eu la chance de rencontrer des gens qui ont du talent, moi-même je suis épatée quand je relis des trucs qui me sont arrivés ou des gens que j’ai côtoyé. Pour ce qui est du livre sur mon fils – décédé en 2006 – c’est l’histoire d’une mère et d’un fils qui s’aiment, qui ne s’aiment plus et qui s’aiment de nouveau. Un jour, il m’a avoué qu’il était jaloux. Alors j’ai voulu lui rendre hommage à ma manière. Notre vie a été pleine de contradictions. Mon fils, Lionel Rotcage, était bouleversant.Il a inventé pleins de choses ! Grand homme de musique, ami de Bob Marley, journaliste, dénicheur de talents, il a travaillé avec de grands artistes : Michel Berger, Daniel Balavoine … Ils ont fait l’Afrique ensemble. Michel Berger était un rêve. Lionel s’est ensuite occupé de France Gall. Il avait du talent. »  

J’en profite pour lui demander ce qu’elle a préféré faire dans sa vie. Femme d’affaires, chanteuse, actrice, reine de la nuit, comédienne, meneuse de revue, femme engagée, écrivaine ? Elle réfléchit un peu, se mordant les lèvres par moment.  

« Je ne suis pas une femme d’affaires, je suis une femme d’idées ! J’ai toujours eu pleins d’idées et j’ai toujours fait en sorte de les réaliser. Être comédienne, chanteuse, c’étaient des idées de plus. Peut-être que j’ai préféré être dans mes discothèques plutôt qu’ailleurs. » 

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