Le film de la semaine : Ghosts of Love

Distribué par Optimale, Ghosts of Love suit le destin de deux anciens amants, Gunnar et Einar. Après avoir reçu un coup de fil en pleine nuit, le héros décide...

Distribué par Optimale, Ghosts of Love suit le destin de deux anciens amants, Gunnar et Einar. Après avoir reçu un coup de fil en pleine nuit, le héros décide de rejoindre son ancien compagnon à son chalet de vacances. De ce retour, une véritable quête façon roman policier, mêlée de souvenirs et de moments d’amour, va rapidement se mettre en place. Quelle en sera la finalité ? Signé Erlingur Thoroddsen, la sortie en DVD est attendue le 5 janvier 2020.

Une fin connue dès le début. Dès la première scène du film, le cinéaste plante le décor de la première rencontre entre deux hommes, Gunnar et Einar. Sur le balcon d’un immeuble, les deux personnages échangent quelques mots. Jouant adroitement avec sa bière, Einar pose subitement une étrange question à son interlocuteur : « Pourras-tu me sauver ? ». Puis, il fait tomber la bouteille qui se brise sous le choc, et termine sur ces mots : « Tu n’as pas pu ! ». BOOM ! Retour à la réalité. L’homme se réveille, extirpé par la voix de son mari … et une sonnerie de téléphone. Etait-ce un souvenir ou bien un rêve ? Gunnar regarde l’heure : 3h du matin. Il répond à l’appel et entend une voix qu’il reconnaît rapidement. C’est Einar qui l’appelle à l’aide. De ce coup de fil, l’intrigue trouve enfin son but : réunir deux anciens amants.

Un film d’amour

Ghosts of Love, c’est le récit d’une longue traversée à la recherche de l’ancien amant perdu de vue. L’importance d’être auprès de lui prend le pas sur la vie de couple actuelle. Suivant le départ après quelques mots troubles, le trajet en voiture est précis en voiture et montre que Gunnar sait où il va. De cette certitude, le film amène ainsi le héros à retrouver Einar au pied d’une falaise. C’est le point de départ.

Après les retrouvailles, l’amour finit par reprendre ses droits. La relation passée se redessine et prend un nouveau tournant. Avec brio, le cinéaste met en abîme tous les éléments afin de raviver la flamme entre les deux anciens amants. Les flashbacks s’emboîtent rapidement à la situation présente : le fantasme visuel, lorsque Gunnar regarde Einar se déshabiller dans la pièce voisine, ou quand Einar embrasse Gunnar, digne renvoi à leur premier baiser. Pourtant, le retour de l’amour est vite contrebalancé par une autre réalité, plus étrange et plus angoissante.

Un thriller monté de toute pièce

Forte d’une construction précise, Erlingur Thoroddsen se réapproprie intelligemment les codes du thriller policier, au même titre que l’approche très Hitchcockienne à l’angoisse, régnante tout au long de Ghosts of Love. L’interminable trajet en voiture de Gunnar, pendant la nuit, constitue ainsi une parfaite transposition avec celui de Marion Crane dans Psychose. De la scène dans laquelle Gunnar poursuit Einar, le réalisateur fait un digne clin d’oeil à la scène de l’abbaye dans Sueurs Froides. C’est un bien bel hommage au maître de l’épouvante américain.

Pourtant, l’inspiration ne s’arrête pas là. Le décor du film est tel que nous nous croirions dans un véritable huis-clos à grande échelle, tout droit sorti de l’oeuvre française éponyme de Jean-Paul Sartre. Et, comme tout bon huis-clos qui se respecte, le cinéma intègre une boucle incessante qui ne semble se refermer qu’à la toute fin … pour un éternel recommencement. Bienvenue dans l’enfer amoureux !

Plus d’infos :

Découvrez prochainement le film de Erlingur Thorodsen, Ghosts of Love, en DVD, et en VOD sur Queer Screen le 16 Janvier. 

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