Mélanie Hénique, Nageuse de haut niveau en équipe de France

Mélanie Hénique, nageuse amiénoise, prend conscience très tôt de son homosexualité, vers 13-14 ans. Elle révèle tout naturellement sa différence et devient une des premières sportives LGBT+ françaises dans...

Mélanie Hénique, nageuse amiénoise, prend conscience très tôt de son homosexualité, vers 13-14 ans. Elle révèle tout naturellement sa différence et devient une des premières sportives LGBT+ françaises dans sa discipline. Depuis son coming-out, la nageuse française peut concilier son orientation sexuelle et sa carrière dans son club à Marseille.

Dans quelles circonstances avez-vous fait votre coming-out ?

J’avais beaucoup d’appréhension sur la manière de l’annoncer à ma famille et mes amis. Au final, c’est très bien passé et je peux assumer pleinement ma sexualité et ma relation amoureuse, aujourd’hui.

Dans le milieu sportif que je fréquente depuis dix ans, je n’ai jamais rencontré de problèmes sur mon homosexualité, ni été confronté à des propos homophobes. Au contraire, j’ai été soutenu moralement, ce qui est une grande chance.

Avez-vous rencontré des problèmes avec votre homosexualité ?

En 2014, ma copine et moi-même avons été agressés par quatre ou cinq hommes sans aucune raison, en pleine rue à Amiens. Nous n’avons pas pu retrouver les auteurs de l’acte, faute de caméras de surveillance fonctionnelles.

Mon agression a été relayée par la presse généraliste et sportive et j’ai reçu beaucoup de soutien de mes coéquipiers, comme Florent Manaudou et Jérémy Stravius, mais aussi ma famille, mes amis et des internautes.

Est-ce difficile de vivre votre orientation sexuelle ?

C’est encore compliqué aujourd’hui, oui. Il y a beaucoup de personnes très fermées sur la question de l’homlosexualité. J’espère que ça va évoluer.

Chaque jour, nous ne pouvons sortir en pleine rue et se tenir la main sans subir des regards et des remarques déplacées, ou être victimes de violences verbales ou physiques. C’est intolérable.

L’homosexualité est-elle plus facilement acceptée en milieu professionnel ou amateur ?

J’ai un avis partagé sur la question. Il y a moins de coming-out dans les clubs affiliés aux fédérations parce que c’est mal vu et très fermé. Il est donc important de véhiculer des messages.

Dans les sports collectifs, plus que dans les sports individuels, beaucoup de sportifs.ves n’osent pas dévoiler leur orientation sexuelle par peur d’être jugés, en particulier pour les hommes.

En juillet dernier, le nageur britannique a lancé un appel, pour tous les sportifs, à faire leur coming-out. Etes-vous d’accord avec sa démarche ?

Bien sûr. Après, je trouve tout de même dommage que nous soyons encore obligés de passer par cette démarche pour faire accepter l’homosexualité en société et dans le milieu sportif. Le coming-out devrait se faire naturellement.

La France a un cran de retard dans tous les domaines, sur la PMA, sur le mariage pour tous, sur l’adoption d’enfants par les couples homosexuels. En Espagne, par exemple, le mariage homosexuel est toléré depuis bien plus longtemps que dans notre pays.

Avez-vous un message pour les sportifs LGBT+ ?

Il faut assumer qui on est, être en accord avec soi-même et s’accepter, ça aide à beaucoup de choses. Et, si la famille n’accepte pas, c’est dommage mais c’est comme ça.

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