Les mots à la bouche délocalise

Après des semaines à écumer les locaux dans tout Paris, la librairie Les Mots à la bouche vient de trouver un nouvel espace pour continuer son activité, ce vendredi....

Après des semaines à écumer les locaux dans tout Paris, la librairie Les Mots à la bouche vient de trouver un nouvel espace pour continuer son activité, ce vendredi. En Mars prochain, les locataires de la plus vieille librairie LGBT+ encore active quitteront le marais pour s’installer dans le 11e arrondissement, avec le souhait d’y instaurer un nouvel « îlot LGBT+ ».

Soulagement et enthousiasme. Ce sont les premiers mots qui sortent de la bouche de Nicolas Wanstok, gérant et chargé de com’ de la librairie, après la signature d’un nouveau bail dans le 11e arrondissement, ce vendredi. Impacté par la gentrification du Marais, les locataires du commerce culturel LGBTQI+ tentaient de trouver un lieu adéquat pour accueillir l’intégralité des collections littéraires et audiovisuels contenues dans le local du 6 rue Saint-Croix de la Bretonnerie.

D’ici à deux mois plus tard, la librairie définitivement installée dans un nouvel espace, au 37 rue Saint-Ambroise. C’est un quartier en plein changement, très gay-friendly, avec plein de commerces gays. Je ne sais pas si ça pourra devenir un nouveau Marais, c’est compliqué avec les prix des loyers. Ça m’étonnerait que ça migre en masse, mais on pourrait recréer une sorte d’îlot LGBT+. », a confié Nicolas Wanstok pour Têtu.

« Panique à bord »

Le chaos de la librairie commence en novembre dernier lorsque le propriétaire leur annonce qu’il va augmenter le loyer, à l’issue du bail. C’est la douche pour les deux gérants. Ils n’ont d’autre choix que de chercher un autre lieu, plus abordable.

Ils visitent un premier local, puis un second, un troisième et un cinquième. Aucun ne leur convient. « C’étaient souvent des lieux où il n’y avait pas de passage du tout ou ne donnaient pas sur la rue, raconte le libraire. Ou bien, les locaux étaient trop grands, trop chers et nécessitaient trop de travaux. Honnêtement, au départ, ça nous a beaucoup inquiétés quand on s’est rendu compte qu’ils n’avaient rien pour nous dans le Marais. Dans le privé, les droits au bail étaient hors de prix. Ça a été un peu la panique à bord. »

Un appel à soutien

En décembre, « très inquiets », les libraires utilisent les réseaux sociaux pour raconter leur situation accablante. Les médias, spécialisés et généralistes, et les associations LGBT+ relaient leur message. Less élus montent au créneau pour soutenir Les Mots à la Bouche, Ian Brossat, David Belliard et même Anne Hidalgo. A l’étranger, la situation accable des médias comme The Guardian, qui pointe la longue histoire de la librairie. Après 36 ans dans le quartier le plus gay de Paris, ils vont maintenant délocaliser leur librairie.

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