Jean Le Bitoux l’engagé

Journaliste, activiste, fondateur de Gai Pied, Jean Le Bitoux fait partie des figures militantes historiques de notre communauté. Dès le début des années 80, le rédacteur en chef engagé et discret évoque sa séropositivité dans Citoyen de...

Journaliste, activiste, fondateur de Gai Pied, Jean Le Bitoux fait partie des figures militantes historiques de notre communauté. Dès le début des années 80, le rédacteur en chef engagé et discret évoque sa séropositivité dans Citoyen de seconde zone. Ses trois principaux combats : la lutte contre le sida, les déportés homosexuels et les archives LGBT. Retour sur l’histoire d’un passeur de mémoires…  

Par La rédaction de Garçon Mag

Né en 1948, à Bordeaux, le « petit-bourgeois, pianiste et fils d’officier » qu’il était dans sa jeunesse rompt vite avec un milieu familial qui refuse son homosexualité. Dans l’effervescence des années 1970, il rejoint les milieux maoïstes, où il rencontre une « forte homophobie ». « Si le mouvement révolutionnaire a du mal à vous accepter, vous n’avez qu’à être plus révolutionnaire que les révolutionnaires », lui recommande Simone de Beauvoir. Jean Le Bitoux n’a guère besoin de ce conseil : il milite déjà dans les milieux radicaux gays.

Au début des années 1970, il crée, à Nice, un groupe du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR), qui s’est donné pour mission de « faire la guerre aux normaux et l’amour entre nous ». Aux élections législatives de 1978, il se présente comme « candidat homosexuel » aux côtés de Guy Hocquenghem. Tous deux revendiquent l’abrogation de l’article 331 du code pénal, une disposition héritée du régime de Vichy qui punit de prison les « actes impudiques ou contre nature avec un individu de son sexe mineur de vingt et un ans ». Il faudra attendre 1981 pour que ce texte soit abrogé par le garde des sceaux, Robert Badinter. 

Jean crée Gai Pied avec des amis en 1979. Entouré d’écrivains et d’intellectuels, ils contournent la censure. La légende raconte que Michel Foucault a trouvé le titre dans sa cuisine, raconte Daniel Defert, fondateur de Aides. Tiré à 10 000 exemplaires, le 1er magazine gay à être vendu en kiosque et non sous le manteau est mensuel. Son succès en fait un hebdo qui accompagne la naissance de nos premières assos et de nos premiers bars après la dépénalisation. Mais en 1983, les boîtes et les saunas gays se multiplient. Jean et 40 de ses collaborateurs démissionnent du magazine et dénoncent ses dérives commerciales et publicitaires.  

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