Résistance Queer 2/5 : Why Me, association LGBTQI+ Néerlandaise

A 21 ans, Albéric a dû fuir sa patrie d’Afrique à cause de menaces de mort après qu’il ait révélé son homosexualité. Article traduit depuis l’anglais, en partenariat avec...

A 21 ans, Albéric a dû fuir sa patrie d’Afrique à cause de menaces de mort après qu’il ait révélé son homosexualité.

Article traduit depuis l’anglais, en partenariat avec KET Magazine

Depuis qu’il a obtenu l’asile aux Pays-Bas, il aide demandeurs d’asile LGBTQI+ avec Why Me, l’association qu’il a fondé. Aujourd’hui, il nous raconte comment il a surmonté les obstacles de la vie et essayé de rendre les choses meilleures pour les réfugiés gay, en partenariat avec Rainbow House.

Pouvez-vous nous parler des évènements qui vous ont amené à quitter votre pays ?

Au collège, j’ai commencé à ressentir une attirance pour les hommes sans comprendre totalement qui j’étais. J’ai subi des insultes et des provocations à partir de là, mais n’ai jamais réellement pensé à quitter mon pays.

Tout à changé à mes 21 ans lorsque ma famille a découvert que j’étais gay. Ca été le choc pour mon père. Il voulait me tuer de ses propres mains, mais sous l’insistance de ma mère, m’a dénoncé aux autorités et j’ai été incarcéré pendant trois jours. A ce moment, j’ai réalisé que je devais partir.

Vous avez rejoint les Pays-Bas à la fin des années 2000. Comment c’était, à l’époque ?

J’ai vécu quelques années dans un centre d’hébergement, loin de tout, exclu. A cette époque, je ne connaissais rien du pays dans lequel j’étais, ni sa culture et les procédures de demande d’asile. J’étais perdu et stressé, loin de tout ce que j’avais connu jusqu’à présent.

Aux agents du service d’immigration, vous devez vous confier sur votre vie et les circonstances qui vous ont amené à abandonner votre pays. C’est difficile à encaisser, sans compter que les autorités peuvent refuser à tout moment ta demande d’asile. C’est ce qui m’a poussé à créer Why Me.

Comment avez-vous fondé Why Me ? Quels sont ses objectifs principaux ?

Lorsqu’un travailleur social a remarqué à quel point je me sentais seul, je lui ai parlé de ma situation, que j’étais gay. Elle m’a alors dit que, comme moi, beaucoup de réfugiés gay sont passés par là. C’est à cette époque que j’ai décidé d’accompagner les réfugiés LGBTQI+ dans la même situation que moi.

En 2012, j’ai donc lancé Why Me pour soutenir les réfugiés LGBTQI+ avec quatre objectifs principaux : écoute, conseil, accompagnement et développement. Nous écoutons leurs histoires, les aidons à passer ce processus de demande d’asile, leur trouvons un travail, une maison, et leur faisons profiter des activités culturelles. En parallèle, nous sommes en relation avec le réseau associatif LGBTQI+ en Afrique.

A quoi ressemble le militantisme LGBTQI+ en Afrique ?

C’est assez clandestin. La plupart des associations sont cachées derrière de grandes organisations liées aux droits de l’homme ou qui combattent le VIH. Avec Why Me, nous essayons de connecter les militants tout en restant discrets. L’idée est de combattre le tabou culturel sur l’homosexualité sans les mettre en danger.

En Afrique, vous devez considérer la limite entre l’éveil et la provocation, mener le combat intelligemment. C’est pourquoi je ne suis pas en faveur des marcheurs en Afrique. Lorsqu’une pride s’est tenue au Ouganda, les participants ont été incarcérés. Quand des personnes trans ont protesté dans la rue, elles ont toutes finies à l’hôpital.

Plus d’infos :

Découvrez l’actualité de Why Me sur son site web et les réseaux sociaux.  

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