Perversions du porcelaine par Erik Mittasch

Lors d’un vernissage à Berlin, j’ai été présenté à un berlinois sexy et barbu qui était poli, très bien éduqué et quelque peu maniéré. Il a parlé avec une...
© Erik Mittasch

Lors d’un vernissage à Berlin, j’ai été présenté à un berlinois sexy et barbu qui était poli, très bien éduqué et quelque peu maniéré. Il a parlé avec une certaine « mélange » de formalité et de déviance. J’ai bientôt réalisé, à mon grand plaisir, qu’il n’était pas le genre de personne à détourner le côté pervers de la conversation.

Article de Boner Magazine traduit depuis l’anglais

© Erik Mittasch

Plus tard, Erik Mittasch m’a expliqué qu’il peignait les somptueuses pièces de porcelaine à la main, chose qu’il a apprise dans les studios de la célèbre maison allemande, Meissen, et qu’il a travaillé avec la princesse Astrid de Norvège. Il m’a ensuite montré quelques images de son travail via son téléphone, dont quelques illustrations des premiers flyers des soirées au Kit Kat Club, à partir desquelles j’ai immédiatement reconnu son travail.

Erik Mittasch s’inspire du style de peinture classique et, avec un humour subtile, narre visuellement des histoires tordues sur la sexualité contemporaine de la même manière qu’un artiste peindrait les thèmes de la beauté, de l’amour et de la romance pour les monarques, il y a 200 ou 300 ans. En adaptant son unique vision de la vie du « le plus est le moins », il réinterprète artistiquement certaines des plus fantastiques peintures sur des objets d’art en porcelaine, comme je n’en ai jamais vu.

© Erik Mittasch

La grande question : Dites-moi, Erik Mittasch, comment votre passion pour le travail du porcelaine est-elle née ?

Cette fascination pour le porcelaine a commencé assez tôt. Quand j’étais enfant, mes parents utilisaient parfois un service d’assiettes chinois issu de la seconde guerre mondiale, ce qui me plaisait. Et, les illustrations incrustées sur ces ustensiles ont laissé libre cours à mon imagination.

Durant les années 1940, mon grand-père vivait dans un village proche de la frontière Tchèque. Là-bas, il travaillait comme employé dans un palais de la baronne. C’était en 1945 lorsque tout est devenu totalement chaotique et que les allemands ont dû quitter la Bohème. Certaines boîtes en bois arrivaient au palais, envoyées par une autre famille artistocratique et amis de la baronne, car jetés de chez eux.

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Ces boîtes étaient remplies de trésors familiaux : des tapis, de la soie chinoise et du porcelaine, … Tout ce qui était de valeur était sauvé. Personne n’a jamais réclamé ces choses après la guerre. Pensant que les vies de ses propriétaires allaient probablement arriver à leur fin, la baronne donna à tous ceux qui travaillaient pour elle quelque chose de la boîte. Mon grand-père décida de prendre le service d’assiettes chinois. J’en ai hérité et aujourd’hui. Je l’ai chez moi et l’aime encore. Je l’utilise uniquement quand des invités de marque viennent me rendre visite.

© Erik Mittasch

Questions express avec Erik Mittasch :

Références mythologiques – Grecques ou Romaines ?

Totalement Romaines.

Etes-vous carnivore ou herbivore ?

Carnivore sans aucun hésitation.

Un fruit favori à peindre – Pommes ou poires ?

Saucisses

Théatre – Tragédie ou comédie ?

Tragédie

Quelle variété musicale écoutez-vous en studio – Baroque ou indé ?

Disco !

Etes-vous un homme barbu ou moustachu , Erik Mittasch?

Barbus – La plus longue est la meilleure.

Où exposez-vous ?

Je fais principalement des expositions privées mais certains de mes objets d’art sont exposés dans des collections permanentes à la MACT/CACT (Musée et centre d’art contemporain Tessin en Suisse, si vous êtes dans le coin.)

Plus d’infos :

Retrouvez l’article de Boner sur Erik Mittasch en version originale, disponible sur leur site web.

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