Australie, le meurtre d’un étudiant gay réveille un sombre passé

Le 12 mai dernier, la justice australienne a relancé son enquête sur le meurtre d’un étudiant gay, survenu en 1988. Conséquence de la reprise de l’enquête, un profond passé...

Le 12 mai dernier, la justice australienne a relancé son enquête sur le meurtre d’un étudiant gay, survenu en 1988. Conséquence de la reprise de l’enquête, un profond passé LGBTphobe refait surface dans le pays.

Une haine anti-gay ancrée. Après avoir retrouvé la piste de l’assassin, Scott Price, la justice Australienne a ressorti un vieux dossier de 32 ans sur le meurtre d’un étudiant gay, Scott Johnson, le 12 mai dernier. En 1988, la police avait retrouvé le corps nu du jeune homme en bas d’une falaise. Les premiers éléments de l’enquête avaient conclu à un suicide, verdict infondé pour les parents de la victime.

En 2015, sous leur instance, les forces de l’ordre relancent l’enquête qui, trois ans plus tard, établissement le constat d’un crime de haine anti-gay. Ils proposent des récompenses élevées à toute personne ayant des renseignements sur l’affaire. En mai 2020, ils retrouvent finalement la trace du meurtrier à Sidney, Scott Price, alors âgé de 49 ans. Le 15 mai dernier, le prévenu est rapidement passé aux aveux pendant le procès. Il a révélé avoir rencontré la victime dans un hôtel avant de l’emmener dans un lieu de drague gay, Bluefish Point Clifftops. Lorsque l’étudiant s’est déshabillé, le prévenu a paniqué et l’a frappé jusqu’à ce qu’il ne réagisse plus. Scott Price sera à nouveau jugé au tribunal, mi-juillet. En passe d’être résolue, des années après, l’affaire fait resurgir des dossiers de meurtres non-résolus.

Des affaires similaires

Durant cette époque, près de 80 meurtres ont été perpétrés à Sidney des gangs homophobes, la plupart des victimes ont été jetées de la falaise. Selon Star Observer, Le commissaire de police adjoint, Tony Crandell, a rapporté que 23 meurtres non-résolues sont survenus dans les baies côtières « gay », entre 1970 et 1990. Tous ces dossiers en étaient venus à la même conclusion, suicide ou accident, comme des institutions homophobes bloquaient les enquêtes plus poussées, parmi celles autour de la mort de Ross Warren et John Russell.

La semaine dernière, l’actuel commissaire de police, en Nouvelle-Galles du Sud (NGS), s’est excusé pour les « erreurs [commises] par le passé » dans les enquêtes sur les morts et disparitions des hommes gays. « Ne sous-estimez pas la manière dont une petite pièce du puzzle peut mener la police à résoudre les plus effroyables crimes dans l’histoire de l’état. », a-t-il confié. « Les forces de police de NGS n’abandonneront jamais … il n’y a pas pire qu’un crime non-résolu. ».

L’info en plus : Les Crimes non-résolus

Ross Warren, lecteur de nouvelles à Wollogong, avait disparu en 1989. L’enquête avait conclu que l’homme avait orchestré sa propre mort, avant de prouver qu’il s’était jeté dans la mer. La police avait retrouvé les clés de sa voiture à la falaise de Mark Park (Tamarama), lieu de drague gay. En 2005, Jacqueline Miledge, adjointe au médecin-légiste, pensait à l’hypothèse d’un homicide volontaire. L’an dernier, la chambre haute révélait que, après la disparition de Ross Warren, la police avait classé l’affaire.

John Russell, un barman, avait été retrouvé mort en 1989 au même endroit que le premier homme. En 2015, la police offrait 150 000 dollars à toute personne ayant une information pouvant constituer une preuve. Sa mort est aujourd’hui considérée comme « un crime de haine anti-gay ». La police de NSW a également émis l’hypothèse d’un meurtre homophobe pour Gilles Mattain et Cyril Olsen.

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