Au Canada, la militante LGBTQI+ égyptienne Sarah Hegazi s’est suicidée

La militante LGBTQI+ Égyptienne Sarah Hegazi s’est donnée la mort à 30 ans, dimanche 14 juin. Après avoir fui son pays natal en 2018, elle avait trouvé refuge au...

La militante LGBTQI+ Égyptienne Sarah Hegazi s’est donnée la mort à 30 ans, dimanche 14 juin. Après avoir fui son pays natal en 2018, elle avait trouvé refuge au Canada.

Victime de “ses démons”. La jeune femme lesbienne, Sarah Hegazi, est décédée par suicide dans son domicile de Toronto (Canada) à 30 ans, dimanche 14 juin. Peu avant sa mort, la militante LGBTQI+ Égyptienne a laissé une lettre pour justifier son acte. “À mes frères et sœurs, j’ai essayé de survivre et j’ai échoué, pardonnez-moi. À mes amis, l’expérience a été cruelle et je suis trop faible pour y résister, pardonnez-moi. Au monde, tu étais terriblement cruel, mais je pardonne”, a-t-elle notamment écrit. Après avoir fui son pays natal, en 2018, elle a trouvé refuge au Canada et tenté de surmonter la dure situation dont elle a été victime.

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En 2017, alors qu’elle assiste au concert du groupe de rock libanais lors d’un festival d’été, Mashrou Leila, Sarah Hegazi brandit un drapeau LGBTQI+, le sourire aux lèvres. Son ami, Ahmed Alaa, heureux de ce moment, la prend alors en photo. Pourtant, cet acte lui vaut des réactions haineuses et des menaces sur les réseaux sociaux et les médias télévisés. La jeune femme est alors arrêtée condamnée pour “promotion de sexualité déviante et de débauche”, puis emprisonnée. Pendant trois mois, elle subit des tortures et des violences sexuelles. A sa libération, elle quitte l’Egypte et combat les séquelles de son incarcérations. “La prison m’a tué ça m’a détruit” avait-elle confiée, à l’époque. Une dure épreuve à laquelle elle n’aura pas survécu psychologiquement, en écho à son funeste geste. 

L’Egypte fautif

Sur les réseaux sociaux, la plupart des messages ont rendu le système égyptien responsable de la mort de Sarah Hegazi. “Le régime égyptien a emprisonné et torturé Sarah Hegazi pour cette photo”, a écrit la militante féministe égyptienne Mona Eltahawy, accompagnant sa publication d’une photo de la jeune femme au concert de Mashrou Leila. De son côté, Sarah Leah Whitson, directrice Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch a présenté Sarah Hegazi comme une femme “en souffrance [et] traumatisée par sa torture”, avant de souligner : “Au cas où quelqu’un aurait un doute, le gouvernement d’Égypte l’a tuée”

Au lendemain de la mort de Sarah Hegazi, l’interprète principal et ouvertement gay du groupe Mashrou Leila, Hamed Sinno, a publié une vidéo dans laquelle il lui rend hommage. Au terme d’une mélodie réalisée pour ce moment, il reprend, en arabe, l’ultime phrase qu’a écrite la jeune militante lesbienne avant sa mort. “Le ciel est plus beau que la terre, et moi je veux le ciel, pas la terre.”, chante-t-il. 

L’info en plus :

En France, un rassemblement en l’honneur de Sarah Hegazi se tiendra à Paris, samedi 20 juin.

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