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La Justice relaxe l’agresseur d’Edouard Louis

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La justice parisienne a relaxé l’agresseur de l’écrivain Edouard Louis, jeudi 10 décembre. Cette décision intervient quatre ans après les faits 

Effarant ! La justice de Paris a innocenté l’agresseur d’Edouard Louis dans l’affaire de viol, jeudi 10 décembre. Le tribunal correctionnel a donc condamné l’accusé, nommé Riad B, à trois mois de prison avec sursis pour vols contre les quatre ans requis par la défense pour agression sexuelle. En cause, la Cour de justice a été agacée que l’écrivain ait refusé un face-à-face avec l’accusé, allant jusqu’à pointer “les troubles narcissiques” de ce dernier. « L’experte psychologue avait indiqué que la confrontation était possible, mais aussi nécessaire« , indique le jugement d’une vingtaine de pages. Selon la cour de justice, Edouard Louis a « tendance à interpréter trop fortement des situations au point qu’il se sente victime« . 

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Suivant la décision judiciaire, l’avocat d’Edouard Louis, Emmanuel Pierrat, a fait appel à la décision de la justice parisienne, le même jour. « J’avais l’impression que la justice avait évolué sur les questions de viol, mais je constate qu’il reste beaucoup à faire, notamment dans les affaires de viol homosexuel« , a déclaré le professionnel, cité par Le Monde. « Si vous êtes victime de viol, il faut venir raconter cinq ou six fois son histoire, sinon, vous n’êtes pas pris au sérieux« , a-t-il dénoncé, n’hésitant pas à renvoyer une nouvelle fois à l’œuvre d’Edouard Louis, Histoire de la violence. Suivant “un premier procès absurde”, l’avocat souhaite « que ce dossier soit traité correctement« , avec cet appel au verdict judiciaire. 

Une longue affaire

A l’origine de l’audience au tribunal, les faits se sont déroulés un soir de Noël vers quatre heures du matin, quatre ans auparavant. Alors qu’il s’apprête à rentrer d’une soirée, il rencontre Riad dans la rue et l’invite chez lui. Ils boivent, fument et font l’amour à de multiples reprises. « Vers six heures, il a sorti un revolver et a dit qu’il allait me tuer, le lendemain. » déclare l’auteur de En finir avec Eddy Bellegueule, précisant que ce dernier l’a violé sous la contrainte. Dès que l’occasion se présente, Edouard Louis se rend à l’hôpital pour faire constater son état, puis porte plainte pour “vol” et “viol sous la menace d’une arme” au commissariat. C’est le début de longues “démarches médicales et judiciaires”.

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Quatre ans plus tard, la police mène enfin son enquête et interpelle Riad B, le met en examen et le place en détention provisoire pendant 11 mois. Sur le plan médico-judiciaire, les deux expertises successives se contredisent. L’une mettant en évidence “un rapport anal non-consenti” et l’autre fait état de “rapports sexuels brutaux et traumatiques consentis”. Cela ne permet donc pas à la justice de faire corroborer les deux expertises avec le témoignage de la victime. Le tribunal correctionnel ne prend donc en compte que le « vol aggravé suivi de violences volontaires« . Pendant les interrogatoires et durant l’audience, Riad B a toujours nié les accusations d’Edouard Louis. La Cour n’a retenu aujourd’hui que le motif du vol, d’où le recours de l’appel pour une décision, comme le souligne l’avocat, plus juste. Attendons la suite ! 

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