Le Refuge : de nouveau dans la tourmente ?

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Crédit photo : Wimedia Commons

Le Refuge est connu de tous pour l’aide précieuse qu’elle apporte aux jeunes LGBT+ et Garçon Magazine a travaillé mainte et mainte fois avec la fondation. Pourtant, cette dernière fait face à de nombreuses accusations mettant gravement en cause la direction.

Après avoir obtenu le statut de fondation le 5 octobre dernier, Le Refuge fait aujourd’hui face à bon nombre d’accusations, d’après une enquête de Mediapart. Cette enquête, réalisée auprès de cinquante personnes, a révélé que bon nombre de salariés, de bénévoles et même de jeunes se disent « broyés »« usés » ou « humiliés » par la direction du Refuge. Le nombre de départs et démissions des salariés et bénévoles auraient fortement augmentés ces derniers mois au sein de la fondation. Toujours selon l’enquête de Médiapart, les événements seraient jugés suffisamment graves « pour qu’un salarié décide d’alerter la Direction générale du travail le 6 août dernier. »

Parmi les témoignages recueillis par Médiapart, un ancien salarié déclare : « Cette fondation a des pratiques particulièrement douteuses et parfois clairement illégales. […] Les manipulations et menaces que nous subissons toutes et tous de la part du Directeur Général et du Président font que personne ne semble oser s’exprimer depuis plusieurs années sur ces dysfonctionnements qui portent régulièrement atteinte à la dignité des personnes. » 

Nicolas Noguier -Président et fondateur du Refuge- dément tout dysfonctionnement majeur. Ce dernier assure que seulement une « quinzaine de démissions sont à déplorer cette année ». Le directeur général Frédéric Gal, quant à lui, n’a pas souhaité répondre à toutes les questions des journalistes de Mediapart. Ce dernier a préféré s’exprimer dans un mail : « Quelles que soient mes réponses, […] nul doute que votre objectif, vu la teneur orientée des questions, n’est pas de nous être favorable, ni de relater l’entièreté de ce qu’est le Refuge et donc d’être parfaitement objectif. »

Les accusations s’accumulent

Jeunes mis à la porte, bénévole condamné pour abus sexuels sur mineurs, Le Refuge n’en est pas à sa première accusation. En 2014, un article de l’Obs a révélé que plusieurs jeunes hébergés par l’association avaient été expulsés. L’un d’eux, un jeune homme de 24 ans, avait critiqué Le Refuge sur Facebook et s’était vu dans l’obligation de quitter les lieux dans la foulée. Pire encore, toujours en 2014, quatre jeunes témoigne auprès de l’Obs qu’un bénévole auparavant condamné pour attouchements sur mineur venait travailler à la fondation. Ces accusations ont été réfutées par le directeur Frédéric Gal.

Trois ans plus tard, pendant son émission « Touche pas à mon poste! », le présentateur Cyril Hanouna décide de réaliser un canular téléphonique dans lequel il se fait passer pour une personne bisexuelle afin de draguer des hommes en direct. La séquence en a choquer plus d’un. Parmi eux, Le Refuge, qui a rapidement déclaré avoir reçu un appel de détresse d’un des jeunes hommes piégés. Finalement, cet appel s’avérait être un mensonge inventé de toute pièce par l’un des bénévoles de la fondation.

Dernière accusation en date, en novembre 2019, l’association Sos Transphobie a publié le témoignage d’une personne -restée anonyme- accusant Le Refuge de Toulouse de transphobie à son égard.

Frédéric Potier, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT rappelle à l’égard du Refuge : « Ce statut de fondation reconnue d’utilité publique vous impose d’être encore plus vigilants, rigoureux dans votre gestion, sélectifs dans votre projet, encore plus attentionnés à l’égard de vos salariés et des personnes que vous accueillez ».

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