Suicide d'Avril

Le suicide d’Avril cache-t-il un manque de suivi ?

...
Suicide d'Avril

Le suicide d’Avril, mercredi 16 décembre, a suscité beaucoup d’émotions dans toute la France. Certains y voient un cruel manque de formation aux questions transidentitaires.

Un sujet d’importance ! A peine un jour après le suicide d’Avril, survenu mercredi 16 décembre, la rectrice de l’Académie lilloise a annoncé la triste nouvelle dans un communiqué. Entre les lignes, cette fonctionnaire de l’éducation nationale a mégenré la jeune lycéenne. “L’élève, qui se trouvait dans un contexte personnel complexe, était accompagné (sic) dans sa démarche par l’équipe éducative de son foyer et de son établissement scolaire.”, avait alors assuré la rectrice. Un jour plus tard, elle a tenté de rattraper son erreur dans la formulation de son premier communiqué. « Cela fait partie des choses que nous devons apprendre. On n’est pas toujours parfait sur ces sujets-là« , a-t-elle alors déclaré à Actu.fr.

Une difficile affirmation

A l’origine du suicide d’Avril, l’affirmation de la transidentité de la jeune lycéene commençait à peine à faire surface. Depuis quatre mois, elle suivait une dermatologue pour une épilation au laser, et prenait en parallèle des hormones. De même, la jeune lycéenne en contact avec Cyane, fondatrice de l’association En-Trans Lille et coordinatrice du Comité d’Usagers des parcours de santé Trans. Elle commençait à réfléchir à son nouveau prénom, Luna ou Avril, avant de pencher pour le second, Toutefois, comme l’a indiqué Anouk à Têtu, « [elle] préférait qu’on l’appelle encore par son premier prénom« . 

A lire aussi : Lille : le suicide d’une lycéenne trans fait réagir

Début décembre, Avril décide de franchir un cap dans l’acceptation de sa transidentité. La jeune lycéenne se rend donc à son établissement en jupe. Pourtant, la situation ne se passe pas comme prévu. L’équipe y voit une provocation et n’hésite pas à l’humilier et à l’agresser psychologiquement, avant d’alerter la direction. La CPE convoque alors la jeune élève, l’échange se passe mal. “Je comprends ton envie d’être toi-même. Mais tout ça, c’est fait pour t’accompagner au mieux, c’est ça que tu ne comprends pas ! Parce qu’encore une fois il y a des sensibilités qui ne sont pas les mêmes.”, justifie l’encadrante devant la lycéenne en larmes. 

Une meilleure acceptation ?

La CPE renvoie donc temporairement Avril de l’établissement. Contre cette décision arbitraire, ses camarades viennent en jupe au lycée Fénelon. Dès lors, la CPE revient sur sa décision et permet à la jeune lycéenne de revenir en cours. Pourtant, Avril ne sentirait le danger que bien plus tard, qui la poussera à réaliser cette vidéo et à se donner la mort. « Début décembre, elle se sentait suffisamment en confiance pour arriver en classe en jupe. Je pense qu’elle n’avait aucune idée de la violence qu’elle recevrait en retour. Elle n’avait aucune intention de provoquer, mais simplement d’être elle-même« , indique son accompagnatrice.

L’urgence de former

Au micro d’Europe 1, le ministre de l’éducation a assuré qu’un programme de sensibilisation sur les questions LGBTQI+ est déjà en place dans le système éducatif. Étant plus précis, le directeur général de l’enseignement scolaire, Edouard Geffray, a indiqué que 150 à 200 formateurs se mobilisent dans les 61 500 établissements français. De même, les structures éducatives ont la possibilité de saisir un référent égalité en cas de problème, sans que nous ne sachions si cela a été le cas pour Avril.  « La transphobie fait partie des thématiques inscrites dans les programmes d’enseignement moral et civique en cinquième, quatrième et troisième.”, a-t-il expliqué à Têtu. Pourtant, certains élèves du lycée Fénelon, qui ont témoigné pour Têtu, précisent n’avoir jamais reçu ce type de formation…

Avatar

FERMER
FERMER