Enquête Le Refuge : un audit est en cours

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Mercredi 15 décembre, le journal Mediapart publiait une enquête sur la fondation Le Refuge, mettant gravement en cause sa direction. Dans un communiqué, le président et le directeur général du Refuge ont annoncé se mettre « en retrait » car un audit allait être réalisé.

Après les accusations auxquelles la fondation a dû faire face depuis quelques jours, le président Nicolas Noguier et le directeur générale Frédéric Gal sont sortis du silence ce lundi 21 décembre. Dans ce communiqué, la fondation annonce qu’un audit allait être réalisé « par un cabinet extérieur ». Cet audit prendra place en janvier et « portera sur trois volets : la gouvernance, les finances, les relations avec les bénévoles et les jeunes accueilli·e·s. Les conclusions de cet audit seront rendues publiques », explique le communiqué. Le temps de cet audit, le président et le directeur général de la fondation annoncent qu’ils se mettront « en retrait ». Quant à leurs fonctions respectives, elles seront « assurées collégialement par le conseil d’administration pendant ce temps ». Le Refuge déplore « l’augmentation des actes homophobes et transphobes et l’urgence de la situation des jeunes est une triste réalité qui a amené notre organisation à devoir se développer rapidement pour y répondre ». La fondation dans son communiqué, poursuit : « peut-être que la mobilisation permanente des équipes n’a pas laissé assez de temps pour professionnaliser notre structure comme il l’aurait fallu. Peut-être ne sommes-nous pas encore assez formé·e·s sur les questions relatives à la transphobie »

Le président se justifie

Le président et fondateur de la fondation Nicolas Noguier a brisé le silence auprès du journal Midi Libre. Ce dernier a déclaré qu’il était « facile de récolter le témoignage d’ex-bénévoles aigris, ex-salariés en conflits, ex-jeunes en conflit. Il n’y a eu aucune interview des 500 collaborateurs actuels. Notre fondation avec 2,5 millions d’euros de réserves est certainement la plus petite fondation de France. » Le président se confie : « Nous sommes loin des centaines de millions d’euros tout à fait légitimes des plus grosses. Nous souhaitons acquérir des biens immobiliers pour les jeunes. Nous assumons le côté affectif et câlin. Les jeunes en ont terriblement besoin pour se reconstruire. » Michaël Delafosse, le maire de Montpellier a demandé cette semaine « de surseoir au versement des subventions » de la fondation jusqu’à ce qu’une « clarification de la gouvernance » soit faite. Nicolas Noguier comprend cette décision, mais la regrette tout autant : « Je peux comprendre sa frilosité sur le fond. C’est du devoir du Maire de contrôler les actions des structures qui touchent des subventions« , confie-t-il à Midi Libre. « Je suis surpris de la forme : annonce en séance, tweet, sans un seul coup de fil au préalable. C’est violent. J’ai envoyé un courrier postal aux quarante maires des villes où Le Refuge est implanté. M. Delafosse est le seul à ne pas avoir apporté de réponse. », poursuit-il. Selon le magazine TÊTU, la Dilcrah aurait elle aussi demandé des comptes au Refuge dans un courrier, le 17 décembre dernier. Dans cette lettre, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT,  Frédéric Potier, invite Le Refuge « à bien vouloir fournir des explications détaillées permettant de faire toute la lumière sur les éléments soulevés dans cet article. » 

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