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Glory Hole : Marc Martin réactualise l’histoire du célèbre trou

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Dans une œuvre éponyme, l’artiste berlinois Marc Martin a réactualisé l’histoire autour du glory-hole. Il illustre ainsi un pan de la culture gay qui évolue dans l’air du temps. 

Toujours présent ! A peine se penche-t-on sur le sujet du “glory hole” que l’artiste en propose une définition. “Le glory hole est un trou pratiqué dans une cloison afin d’observer une personne située de l’autre côté ou d’y insérer son pénis dans le but d’un échange sexuel.”, peut-on lire à l’introduction de l’ouvrage éponyme. “[S]es particularités : permettre de conserver l’anonymat, favoriser les rapports furtifs sans implication, assurer une séparation physique entre les partenaires.”, est-il alors précisé. C’est une manière pour l’artiste de capter l’attention de son public avant de passer aux passer aux choses sérieuses, à savoir l’histoire autour de ce célèbre trou. 

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Crédit photo : Marc Martin

Le glory-hole se popularise au lendemain d’un important scandale politico-religieux en France, vers la fin du 19e siècle. A l’époque, les forces de l’ordre surprennent l’éminente personnalité Eugène le Bègue Germiny en pleine fellation avec un jeune ouvrier aux Champs Elysées, dans ce qu’on appelle alors une “Vespasienne” ou “pissotière”. “Les premières traces écrites mentionnant des cloisons trouées dans les pissotières de Paris remontent à 1862 sur un rapport de police du quartier des Champs-Élysées.”, explique Marc Martin, moment qui correspond bien avec le scandale. Dès lors, la population gay s’adonne à leurs plaisirs sans peur des représailles. “[Le glory-hole] permettait de résister au harcèlement policier et d’éviter les flagrants délits d’outrages publics.”, confie-t-il. 

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Pendant des décennies, il devient la norme d’usage à travers les générations gay-masculines. Et ce, jusqu’à la disparition totale des pissotières, durant les années 1980. Enfin en extérieur, car cette pratique semble être encore en vigueur, comme l’indique l’ouvrage de Marc Martin. 

Une alternative à la privation de liberté

Dans le contexte de la pandémie, en particulier pendant le confinement mondial, le glory-hole a refait son apparition dans les mœurs, mais cette fois-ci dans le foyer. Pour illustrer ce phénomène, Marc Martin passe au crible les documents qui étaye l’évolution dans l’usage du glory-hole, entre images textuelles et témoignages. “2020, l’année durant laquelle les glory holes sont entrés dans tous les foyers.”, indique l’artiste, précisant l’ironie avec laquelle l’autrice du texte a prononcé ces mots. 

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“J’ai fabriqué un glory hole dans ma porte d’appartement. J’ai inséré la zone corporelle adéquate et j’ai attendu en position pendant 3 heures. Rien. J’ai 71 ans, je suis fatigué.”, déplore un retraité, dans un tweet datant de juillet 2020 (annotation de l’auteur, ndlr). A son point culminant, l’artiste appuie toute son expertise avec des références artistiques, clins d’œil historiques et des clichés réalisés dans le cadre de son métier. Poignant ! 

Plus d’infos : 

Pour découvrir l’histoire autour du glory-hole, procurez-vous la série littéraire Les Tasses – Toilettes publiques, affaires privées ou le fascicule individuel centré sur ce sujet. L’auteur a reçu le prix Sade 2020 pour son ouvrage. Une exposition se tient également à Paris jusqu’au 3 janvier 2021.

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