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Lille : le lycée Fénelon rend hommage à leur camarade

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Crédit photo : Capture c’écran Twitter / @j_bouteiller

A Lille, les élèves du lycée Fénelon ont rendu hommage à leur défunte camarade trans. Cette cérémonie intervient près d’un mois après son suicide, en décembre 2020.

Entre sourire et larmes ! A Lille, les lycéens de l’établissement Fénelon ont rendu un dernier hommage à leur camarade transgenre. Dans une lettre, quatre ami.e.s proches de la jeune fille ont porté les voix des étudiant.e.s ému.e.s. « Aujourd’hui nous écrivons pour Fouad, une adolescente partie trop tôt, mais avant tout notre amie. Nous la connaissions depuis environ mi-septembre, date à laquelle elle était arrivée. Elle était dans nos classes ou nos spécialités et ne plus la voir est comme une déchirure.”, peut-on lire au début de la lettre. “Fouad était drôle, toujours à faire des blagues, à avoir la phrase qu’il faut quand il faut, elle était à l’écoute. Avec elle, on pouvait parler de tout et de rien. Quand nous lui parlions de nos problèmes, elle était là.”, ont-iels poursuivi, se remémorant les bons moments.

Aux origines d’une transphobie ancrée

Le 17 décembre dernier, le rectorat a annoncé le décès de la jeune Avril/Fouad, qui s’est suicidée dans la chambre de son foyer. Au travers du mégenrage de la lycéenne, le contrecoup d’une transphobie émanant de la structure académique de Lille fait état de discriminations au sein du système éducatif local. “Notre lycée, qui ne comprenait pas sa transidentité, ne faisait qu’utiliser le pronom « il » alors que c’était « elle ».”, énumère la lettre. En cause, tout a commencé lorsque la jeune fille trans, en cours de transition, vient en cours en jupe. A ce moment, le personnel voit son geste d’un mauvais œil et enchaîne les remarques à son encontre. 

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Pour ne rien lâcher, ils mettent la CPE et la direction dans la boucle, qui convoque Avril/Fouad. L’échange se passe mal et la direction renvoie la jeune lycéenne, qui sort en larmes. “Je comprends ton envie d’être toi-même. Et tout ça, c’est fait pour t’accompagner au mieux, c’est ça que tu ne comprends pas ! Parce qu’encore une fois il y a des sensibilités qui ne sont pas les mêmes.”, justifie l’encadrante devant la lycéenne en larmes. Fouad lui lance : “Mais c’est eux qu’il faut éduquer, pas moi !”. “Je suis d’accord” , lui répond l’encadrante avant de la renvoyer chez elle. 

Lutter contre l’injustice

En apprenant la nouvelle, ses camarades manifestent leur opposition, au moyen d’affiches : « La transphobie tue », « Respectez les pronoms des personnes transgenres », « Une femme transgenre est une femme, un homme transgenre est un homme », etc. Cette initiative permet le retour de la lycéenne en cours, mais le calvaire allait pourtant continuer. Deux semaines plus tard, le rectorat a annoncé la triste nouvelle. “Nous avons appris la nouvelle brusquement, un simple mail aux personnes de sa classe en la mégenrant pour annoncer son décès. “, précisent-iels dans la lettre. Par cet hommage, les lycéen.ne.s entendent honorer sa mémoire et son combat pour l’acceptation. “Nous ne l’oublierons jamais, elle restera pour toujours avec nous.”, concluent-iels.

Suicide d'Avril

Former sur la transidentité

Conséquence de ce tragique décès à Lille, les élèves exhortent le ministère de l’éducation nationale à faire tout son possible pour que ces situations ne se répètent pas. “Nous demandons des stages, des interventions, que des choses soient faites pour l’accueil des personnes transgenre et non-binaire en milieu scolaire.”, ont-iels émis, via la lettre.

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Un jour plus tôt, l’élue parlementaire du Nord, Valérie, a annoncé la déposition prochaine d’une proposition de résolution sur les droits trans. En deçà d’un projet de loi, la femme politique entend plutôt mettre en place un guide inclusif, à l’image de la charte de laïcité. “Les rectorats doivent correctement former les enseignants avec au moins un prof dans chaque établissement et qu’il puisse servir de référent.” , a exprimé la députée ex-LREM à TÊTU.

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