Le Refuge : un bilan transparent suffit-il ?

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Le Refuge

Fin décembre 2020, Le Refuge a fait appel à un cabinet indépendant pour analyser les finances de la fondation. La structure financière doit rendre son bilan, le 19 janvier.

Happy end ? Dans un communiqué de presse, Le Refuge a annoncé la remise prochaine d’un bilan sur les finances de la Fondation, mardi 19 janvier. Cette décision intervient après que Mediapart ait pointé du doigt ses doutes sur le fonctionnement structurel de l’organisation LGBTQI+. Le média vise alors directement ses deux responsables, Nicolas Noguier et Frédéric Gal. Depuis fin décembre 2020, un cabinet indépendant analyse donc ces points. “Un appel d’offres a été lancé au mois de décembre. Suite à cette procédure, le Conseil d’administration a sélectionné le bureau français du BCG pour mener à bien cette mission.”, peut-on lire sur le site de la Fondation. Pendant ce temps, l’association a continué a mené ses actions premières, le président et le directeur général ont annoncé leur retrait temporaire pendant l’enquête financière.  

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Dans les faits, Médiapart a effectivement fait état des défaillances structurelles de la Fondation, témoignages à l’appui. Pourtant, le média a enquêté au-delà de cette dimension pendant un an. Ligne après ligne, les accusations ont été nombreuses : agressions sexuelles, violences verbales, discriminations, expulsion des réfugié.e.s, etc. “Cette fondation a des pratiques particulièrement douteuses et parfois clairement illégales. […] Les manipulations et menaces que nous subissons toutes et tous de la part du Directeur Général et du Président font que personne ne semble oser s’exprimer depuis plusieurs années sur ces dysfonctionnements qui portent régulièrement atteinte à la dignité des personnes.”, dénonce un ancien salarié du Refuge. A son terme, les plaintes ont dépassé le cadre de l’article, peuplant ainsi les réseaux sociaux, le tissu activiste LGBTQI+ et même les médias. Certaines ont parfois même été prononcées avant le début de l’enquête de Médiapart. 

Un audit insuffisant ?

Avant même l’aboutissement prochain, un ancien salarié du Refuge, Romain Ceccarini, a pointé la problématique de l’audit interne. “Il faut un changement radical. Il faut que l’État puisse enquêter sérieusement, très sérieusement. On ne peut pas s’arrêter à un audit interne. Ce n’est pas possible.”, a-t-il déclaré dans une interview pour France Bleu. En conséquence, il demande un changement drastique de gouvernance, avec un départ du président, du directeur général et de ce.ux.lles qui sont en accord avec ces pratiques. “Il faut protéger tout ce système parce que de nombreux jeunes sont sauvés tous les jours, je l’ai vécu, j’en suis témoin. Il faut continuer cette action.”, a-t-il exprimé. Une demande que l’ancien salarié et d’autres a appuyé avec l’envoi d’une lettre ouverte à la ministre Elisabeth Moreno, qui n’a, semble-t-il, pas eu de réponse. 

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