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Un conte inclusif hongrois doit avertir son public

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Crédit photo : FB/Labrisz Leszbikus Egyesület

En Hongrie, un conte inclusif doit arborer un avertissement dans ses pages, depuis le 19 janvier. Cette obligation intervient quelques mois après la publication de l’ouvrage. 

Alerte ! Depuis le 19 janvier, un conte inclusif hongrois doit inscrire un avertissement aux lecteur.rice.s dans ses pages. En cause, l’autorité de protection des consommateurs du pays a avancé les “motifs de comportement s’écartant des rôles de genre traditionnels” pour justifier la décision. “L’ouvrage est vendu comme un conte de fées, nommé comme tel et répertorié dans cette section. Or, il cache le fait qu’il dépeint des comportements inadéquats avec les genres traditionnels.”, a de son côté déclaré le gouvernement, à l’origine de la mesure, dans un communiqué, qu’a cité en partie Reuters. En conséquence, l’institution a également exigé à l’autrice de mettre des avertissements dans toutes ses autres œuvres, y compris Le pays des merveilles est pour tou.te.s.

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Intitulé Le pays des contes pour tou.te.s, l’ouvrage de l’association lesbienne hongroise Labrisz voit le jour en septembre 2020. Rapidement, il rencontre un important succès auprès des lecteur.rices, LGBTQI+ et allie.e.s. Cette notoriété propulse l’œuvre au rang de best-seller. Aujourd’hui, l’ingérence de l’autorité de protection des consommateurs vient contrecarrer le contenu de l’ouvrage avec cet avertissement. De même, certains contes, qui se réfèrent pour la plupart aux contes de Perrault et Andersen, vont devoir changer de nom. Par exemple, le conte Blanche Neige va devoir être modifié par Brunefeuille.

Ce n’est pas la première fois

En novembre 2020, la même association a subi la censure sur son ouvrage d’un élu à Nagykáta, Ákos Szabó. En cause, l’homme politique avait adopté une mesure contre “la diffusion et la promotion de la propagande LGBTQ”. “Je veux que nos enfants grandissent avec des contes traditionnels où la Belle au bois dormant est amoureuse d’un prince, pas d’une princesse.”, avait-il notamment écrit, précisant que le texte était “pour le développement spirituel et naturel des enfants”. Conséquence de cette censure politique, des habitants anti-LGBTQI+ avaient collé des affiches. “Attention ! Cette librairie vend de la propagande homosexuelle dangereuse pour les enfants.” , pouvait-on y lire.

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L’association LGBTQI+ Hatter Society, qui soutient Labrisz, a clamé son opposition à cette mesure discriminatoire. Elle a même demandé des explications sur la mesure ciblée sur l’ouvrage de l’organisation lesbienne locale et non d’autres ouvrages comme la relation étroite en Tim et Pumba. De fil en aiguille, Hatter Society a rappelé que l’autorité de protection des consommateurs n’en est pas à sa première mesure discriminatoire. En 2019, elle avait sanctionné la multinationale Coca Cola d’une amende de 1400 euros pour sa campagne “Love is love”. A ce jour insatisfaites de cette décision, les deux associations LGBTQI+ vont intenter un procès à l’encontre de l’institution. Va-t-il aboutir en leur faveur ?

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