Une du journal France-Antilles

Une de France-Antilles : la rédaction s’excuse

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Suivant la polémique de la Une de France-Antilles, la rédaction du journal a présenté ses excuses, jeudi 4 février. En cause, cette dernière a suscité de vives polémiques au sein de la communauté. 

Une du journal France-Antilles

Redorer l’image ! La rédaction du journal France-Antilles a présenté ses excuses aux lecteur.rice.s, jeudi 4 février. Elle a ainsi justifié que “cet article et ce titre relataient de faits pédophiles abjects et ne visaient en aucun cas à faire l’amalgame entre une orientation sexuelle et un crime”. “Jamais notre journal n’a stigmatisé et ne stigmatisera des personnes pour leur orientation sexuelle, leur origine, leur religion, leurs opinions… Nos colonnes sont ouvertes à tous et nos rédactions continueront à œuvrer pour lutter contre toutes formes de discriminations.”, ont précisé le directeur éditorial Cyril Boutier et la rédactrice-en-chef Nathalie Dinane.

Une UNE, beaucoup d’amalgames

Lors de sa sortie en kiosque et sur le web, mercredi 3 février, la une du journal France-Antilles n’est pas passée au sein des activistes LGBTQI+. En gros caractères, le média avait titré un de ses principaux articles “l’homosexuel préférait les garçons”. “Encore une fois, cette Une revient à considérer que les homos ont une sexualité déviante. On rabaisse ces personnes en considérant que l’homosexualité n’est pas acceptable d’autant que la justice est entrée en voie de condamnation. L’amalgame pédophilie-homosexualité est récurrent et n’est pas pour autant tolérable : c’est une discrimination.” , a réagi Lucile Jomat, vice-présidente de SOS homophobie, auprès de Têtu

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La polémique ne s’est pas arrêtée là. Dans les pages du quotidien français, le média est allé plus loin dans l’amalgame sur le traitement de l’affaire de pédophilie. A tort, l’auteur du texte lie, sous toutes ses formes, l’homosexualité du prévenu avec son comportement pédophile. “Après son divorce, il fait son coming-out et flirte avec des hommes. Il a du mal à avoir des relations avec des adultes. Il dit préférer les garçons entre 12 et 16 ans sans réellement se l’expliquer.”, peut-on lire dans l’article, précisant plus haut son ancienne union avec une femme. “Pour qu’on comprenne bien France-Antilles, lorsque vous faites un article sur un pédophile hétérosexuel, vous ne mentionnez pas son orientation sexuelle mais s’il est homosexuel vous en faites la Une en mentionnant son orientation sexuelle ?” , s’est interrogée l’Association des familles homoparentales, sur Twitter.

Des excuses insuffisantes

Suivant une prise de parole des associations LGBTQI+ de la France Métropolitaine, les organisations antillaises sont aussi montées au créneau. “Faut-il encore, en 2021, rappeler que la pédophilie est un crime passible de prison alors que l’homosexualité est une orientation sexuelle qui concerne des dizaines de milliers d’antillais, au même titre que dans toutes les régions du monde. [Et], faut-il encore rappeler que les personnes LGBT subissent des agressions, des tentatives de meurtre, du harcèlement scolaire, sont expulsés de chez leurs parents, pour le seul motif de leur orientation amoureuse.”, a fustigé l’association LGBTQI+ martiniquaise Kap Karaïbe.

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