Zones sans LGBT

“Zones sans LGBT” : le débat européen va commencer

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L’eurodéputé Pierre Karleskind a annoncé l’ouverture des débats sur les “Zones sans LGBT” polonaises, en mars prochain. Cette annonce intervient alors que de nombreux activistes alertent sur le manque de sanctions à l’encontre du pays.

Zones sans LGBT

A point nommé ! Avec l’appui de sa formation politique (Renew) et de l’intergroupe LGBTI, le député Pierre Karleskind a déposé une résolution pour pénaliser les “zones sans LGBT”, jeudi 11 février. « C’est une réaction symbolique pour contrer ce qu’il se fait depuis deux ans et qui se développe également en Hongrie.”, a-t-il déclaré à Têtu. Concrètement, l’élu politique entend instaurer ce qu’il appelle les “LGBTI-freedom zones” lors des débats au Parlement Européen, en mars prochain. « Nous devons mobiliser nos collègues et leur faire prendre conscience que c’est le sujet de 2021.« , ajoute Pierre Karleskind, précisant par-là la visée haineuse qui plane autour de ces politiques géographiques. 

La situation doit cesser

Depuis mars 2020, des élu.e.s et activistes LGBTQI+ n’ont eu de cesse d’alerter sur la vague de LGBTphobies qu’a instauré la création de ces “zones LGBT” en Pologne. En tête, le couple de youtubeurs gay, Jakub et Dawid, ont illustré à de multiples reprises la situation dans ces régions. A son point culminant, les deux hommes ont même alerté le Pape François sur la situation dans leur pays. Inquiets de la situation, des figures du milieu associatif LGBTQI+ français et des allié.e.s ont appelé à la prise de mesures contre ces pratiques discriminantes. “Je n’aurais jamais pensé vivre cela dans un pays qui a tant souffert de la seconde guerre mondiale, du communisme et du fascisme.”, a réagi le député Robert Biedron, faisant un parallèle entre la situation des LGBTQI+ en Pologne et celle des juif.ve.s pendant la seconde guerre mondiale.

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De fait, le sujet a rapidement fait son entrée au sein des institutions européennes. En septembre dernier, la députée européenne, Terry Reintke, a alerté directement sur la politique haineuse du Président Andrzej Duda. “Le silence de la Commission européenne cet été est une insulte aux personnes dont les droits sont attaqués en ce moment même.”, a-t-elle dénoncé. “Chaque semaine, nous recevons de plus en plus de messages d’inquiétude et parfois de désespoir de la communauté LGBTI en Pologne. Chaque semaine, il y a de nouvelles attaques, de nouveaux mensonges, une nouvelle propagande anti-LGBT+”, a déploré l’élue politique. Face à cela, une kyrielle d’associations ont signé pétition sur pétition pour que la Commission prenne des sanctions à mesure de l’infraction contre les « zones sans LGBT » … jusqu’à aujourd’hui.

Un vaste plan pro-LGBTQI+

La présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé la mise en place d’une série de mesures en faveur des droits LGBTQI+. “Je plaiderai en faveur de la reconnaissance mutuelle des relations familiales dans l’UE. Si vous êtes parent dans un pays, vous êtes évidemment parent dans tous les pays.” , avait exprimé la femme politique. “Être soi-même n’est pas une question d’idéologie. C’est votre identité. Et nul ne pourra jamais vous la retirer.”, ajoutait-elle alors. Propos qu’elle a réitérés lors d’une conférence, début janvier. 

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Effective depuis le 1er janvier 2021, cette politique entend prendre des sanctions financières à l’encontre des pays qui ne respectent pas les valeurs de l’Union Européenne. « La Commission européenne a désormais un outil pour refuser des subventions. Elle peut demander le remboursement des fonds si elle constate que les droits fondamentaux ne sont pas respectés.”, a insisté Pierre Karleskind à Têtu. 

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